jeudi 20 décembre 2012

The Hobbit: An Unexpected Journey.

Hobbit ordinaire se complaisant dans une existence tranquille et routinière dans sa demeure de Cul-de-sac, Bilbon Sacquet voit sa vie paisible basculer lorsqu'un soir, débarquent chez lui treize nains et un magicien. Ce dernier, Gandalf Le Gris, lui propose de les rejoindre pour une quête aussi longue que périlleuse menant à Erebor. Royaume nain situé au cœur du Mont Solitaire où, jadis, sous le règne de Thrór, les nabots prospérèrent, avant que Smaug, un dragon cupide appâté par leur richesse, les chassa et les condamna à l'exil.
Après une longue hésitation, Bilbon se laisse finalement convaincre et accepte de rejoindre la compagnie des nains, menée par Thorin Écu-de-Chêne, petit-fils de Thrór et héritier du trône d'Erebor...

Neuf ans qu'on était pas retourné sur la Terre du Milieu, on avait fini par oublier la sensation que cela pouvait procurer. Et putain, quel plaisir. Les souterrains d'Erebor, Thranduil chevauchant majestueusement son cerf... On le sens dès les premiers plans, dès les premières minutes, l'histoire qui commence sous nos yeux va être une merveille visuelle de tous les instants. Une intuition qui ne fait que se confirmer tout au long du film, durant ses presque trois heures.
Coupable d'une trilogie de l'Anneau déjà grandiose, Peter Jackson est une nouvelle fois à la réalisation de cette saga. Et alors qu'il craignait de ne pouvoir égaler sa première trilogie et avait préféré laisser la réalisation à quelqu'un d'autre avant de revenir sur sa décision, le réalisateur néo-zélandais fait encore une fois des merveilles en nous offrant un grand moment de cinéma.


Visuellement, le film est somptueux et sur ce point, surpasse même la trilogie de l'Anneau, l'avancé technologique aidant. Du royaume d'Erebor jusqu'au repère des gobelins, en passant par Fondcombe, nombreux sont les lieux où on ne peut s'empêcher de s'extasier. De plus, la mise en scène contemplative de Jackson nous permet d'appréhender pleinement la magnificence des décors. Et ces derniers regorgent de détails et d'effets visuels à tomber, que ce soit une cascade d'une centaine de mètres en arrière plan, un ciel crépusculaire rose bleuté, ou encore la grandeur architecturale de certains lieux. Tout au long du voyage, l'émerveillement est total. Une richesse visuelle que l'on doit également à un bestiaire plus riche, plus travaillé et surtout beaucoup plus stylisé que dans la première trilogie. Une attention portée aux créatures dont on ne peut s'empêcher de penser qu'elle est la volonté du génial Guillermo Del Toro. Le mexicain, un temps pressenti à la réalisation s'est finalement désisté au dernier moment se limitant par la suite à un rôle de consultant.


Très semblable à La Communauté de l'Anneau dans sa structure, le film prend d'abord le temps de poser les bases de son histoire, de nous présenter les principaux protagonistes. Une introduction un peu longue, près de trois-quarts d'heure, mais non moins captivante où l'on retrouve avec un plaisir nostalgique Sir Ian McKellen en Gandalf mais surtout où l'on découvre le personnage de Bilbon Sacquet, génialement interprété par Martin Freeman. Se demandant “Mais qu'est-ce que je fous là?” durant la moitié du film mais rusé quand il le faut, l'acteur apporte au personnage son flegme britannique et sa bonne bouille qui le rendent immédiatement sympathique.

Une fois les enjeux posés, le film quitte la Comté et enchaine les péripéties. Le souper des trolls, la rencontre avec Radagast le Brun, la fuite d'Azog, les Géants de pierre, sans oublier l'envol des aigles... Autant de scènes spectaculaires où la mise en scène épique de Jackson et la musique de Howard Shore nous scotchent à notre siège. Lors de ces séquences, le réalisateur nous démontre encore une fois toute sa maitrise et sa virtuosité dans ce genre d'univers, en alternant tension et poésie, et nous prouve surtout qu'il est sans égal. En témoigne le climax du film, une course poursuite dans les souterrains gobelins où il parvient à renouveler notre plaisir éprouvé dans les mines de la Moria onze ans auparavant, en la réinventant suffisamment pour nous éviter une impression de déjà vu.
D'ailleurs, cette course poursuite, un peu (beaucoup) tirée par les cheveux, est révélatrice de ce petit truc que j'adore chez Jackson. Ce côté gourmand, généreux, déjà visible sur les champs de Pelennor ou sur Skull Island. Le mec ne peut jamais s'empêcher d'en faire plus, plus et encore plus. Une surenchère dans le spectaculaire qu'il assume totalement. Car on parle ici d'un mec qui, un soir d'hiver 2005, est venu dans les toutes les salles de cinéma du monde, déguisé en Monsieur Loyal, pour nous clamer que "Ce soir, rien que pour vous mesdames, messieurs, King Kong n'affrontera non pas un tyrannosaure, non pas deux tyrannosaures, mais trois tyrannosaures! Eh oui mesdames, messieurs!" Et qui ensuite, a fait faire du trapèze à l'un de ses putain de T-rex sous nos yeux ébahis. Un génie. Déjà responsable de deux de mes plus grands frissons au cinéma (tiens, faudrait que je fasse un top dix un jour...), Peter Jackson a pour lui un sens du spectacle sans limite et une envie permanente d'en mettre plein la vue aux spectateurs. Une volonté de faire de ses films de véritables machines à rêve allant toujours plus loin qui traduit chez lui une certaine vision qu'il a du cinéma, très proche du cirque finalement, et à laquelle j'adhère totalement.


Du côté du casting, en plus d'un Bilbon emportant immédiatement notre adhésion, l'autre réussite du film est d'être parvenu à rendre attachants cette catégorie de personnes dont on aime tant se moquer dans la vraie vie... les nains. Guerriers émérites, aussi dévoués que rigolards, ces treize nains nous offrent de bons moments de rigolade et de camaraderie et se révèlent même parfois touchants de part leur statut d'exilés. Durant leur périple, on retrouve avec un certain plaisir Hugo Weaving, Cate Blanchett et Sir Christopher Lee toujours impeccables dans leur rôle respectif, mais aussi et surtout l'excellent Andy Serkis qui a l'air de prendre un pied énorme à retrouver son personnage de Gollum. Et nous avec lui.
Sa première rencontre tant attendue avec Bilbon et l'un des meilleurs moments du film, tant son personnage est fascinant. Encore plus réaliste, les effets spéciaux de la WETA étant encore une fois bluffants, l'effet d'empathie est immédiat. On rie de ses grimaces, on tremble à chacun de ses coups de sang et surtout, on se surprend à éprouver de la peine pour lui. Le moment où il perd définitivement son anneau est sans doute le plus triste du film. Ses yeux globuleux aidant, la détresse dans son regard est immense. J'ai failli pleurer, je crois. Ouais chuis un peu sensible en ce moment... À ce moment là, j'avais juste envie de le prendre dans mes bras et de lui dire "Courage mon ptit champion, parce que tu vas en chier durant les soixante prochaines années..."


Magnifique, émouvant, épique. Je suis sorti de la salle vendredi dernier avec l'impression d'avoir vécu un grand moment de cinéma. De ce film on y sent le rêve, l'ampleur, la démesure, l'ambition mais aussi le plaisir d'un réalisateur à nous entraîner dans cette Terre du Milieu qu'il affectionne tant. L'évasion est totale et le plaisir immense. Tellement immense que la seule chose dont j'avais envie en sortant de la salle, c'était d'y entrer à nouveau. Ce que j'ai fait le lendemain d'ailleurs. Parce que je suis un gros pigeon. Et que j'adore ça.

mardi 7 août 2012

The Dark Knight Rises.


Cela fait maintenant huit ans qu'il a endossé la folie meurtrière et la disparition d'Harvey Dent, offrant ainsi à Gotham une période de paix inespérée. Considéré depuis comme un paria et un fugitif, Bruce Wayne vit reclus dans son manoir, épuisé par sa croisade, brisé par la mort de celle qu'il aimait. Et alors que son justicier rumine ses obsessions et se laisse pousser la barbe comme un vieux clodo dégueulasse (il vit ma vie en fait), Gotham City prospère et sombre lentement dans l'apathie. Mais dans ses entrailles, se terre une nouvelle menace. Un mercenaire du nom de Bane se prépare à bousculer l'ordre établi et à pousser la ville dans ses derniers retranchements, obligeant Wayne à reprendre cape et masque...

"There's a storm coming, Mr Wayne."

Alors au bout de deux visionnages (le chômage et l'amour excusent tout), The Dark Knight Rises ne sera jamais le "Aaaah c'est le meilleur film que j'ai vu de toute ma vie!!" pour les raisons que l'on connaît, mais il parvient à égaler son prédécesseur en terme de qualité, ce qui en soit est déjà énorme. Malgré quelques défauts, ce troisième opus est une vraie réussite, un excellent film ponctué de moments savoureux et grandioses et une belle manière de conclure la trilogie, offrant ainsi à l'homme de ma vie la saga cinématographique qu'il mérite.

La première qualité des Batman de Nolan, c'est d'avoir toujours privilégié l'histoire. Et ainsi de faire du grand spectacle au service d'un scénario solide. Pour son troisième film, le réalisateur reste fidèle à sa ligne de conduite en développant une intrigue dense où se croisent plusieurs arcs narratifs (la rédemption de Wayne, les tribulations de Selina Kyle, les investigations de Gordon et Blake, Bane qui fait mumuse) et qui mêle habilement monté d'adrénaline et émotion.
Comme à son habitude, le scénario prend le temps de donner de l'épaisseur à ses personnages qui vont, viennent et se croisent tout au long du film. Chacun d'eux est suffisamment bien traité pour qu'on s'y attache et qu'on suive leur arc narratif avec intérêt. Et alors qu'on aurait pu craindre un bordel sans nom avec l'apparition de nombreux personnages inédits, l'histoire les intègre parfaitement évitant ainsi la catastrophe d'un Spider-Man 3 (Sandman et Venom? Qui complotent ensembles? Sérieux les mecs...).
De plus, en multipliant les références aux précédents volets (la loi Dent, la Ligue des Ombres), Nolan donne une certaine cohérence à sa trilogie et s'attache à faire de The Dark Knight Rises une véritable conclusion. Plus qu'un nouvel épisode de la franchise, le film donne vraiment l'impression de faire partie d'un tout, d'être le final d'une histoire encore plus grande initiée depuis Batman Begins. Une impression plus qu'agréable au moment du générique de fin.

Le casting de son côté, est encore une fois excellent, à l'exception de l'insupportable et nanardesque Marion Cotillard. Christian Bale, Gary Oldman, Morgan Freeman et Michael Caine n'ont plus rien à prouver et continuent de s'approprier parfaitement leur rôle respectif, réussissant même à nous transmettre une certaine nostalgie, mais c'est des nouveaux venus que viennent les plus belles surprises. Alors que Joseph Gordon-Levitt, tout en retenue et en sobriété, est très convaincant, que dire de Tom Hardy et Anne Hathaway.
Aidé par une réécriture intelligente du personnage lui permettant d'être plus qu'une brute épaisse, le Bane de Tom Hardy est juste incroyable: imposant et charismatique, aussi violent et sadique que fin stratège. Derrière son masque qui semble littéralement soudé à sa mâchoire, le comédien parvient à nous faire flipper à chacun de ses plans, grâce à son regard, sa gestuelle et sa voix étonnamment posée.
Et puis, il y a la performance épatante d'Anne Hathaway. Outre le fait qu'elle vient de se faire une place au soleil dans "Mon top 25 mûrement réfléchi des plus belles femmes du monde", elle incarne pour moi la Catwoman parfaite (même si la comparaison avec celle de Pfeiffer n'a pas vraiment lieu d'être tant les univers sont différents). Celle dont je suis amoureux dans les comics: charmeuse, roublarde, une capacité à se foutre dans la merde et à toujours s'en sortir avec malice, et un peu romantique aussi. Elle est la meilleure surprise du film tant les premières images du personnage et les trailers m'avaient laissé sceptique. Au final, ses joutes verbales avec Bruce Wayne/Batman font partie des scènes les plus savoureuses du film, sans oublier ses coups d'éclat, notamment avec la scène du portable.

Pour ce qui est du spectacle, Nolan confirme, malgré ses progrès, qu'il est plus doué pour faire monter la tension ou créer une atmosphère que pour filmer de l'action pure. Bien qu'elles soient plutôt réussies (comprendre lisibles) et rythment bien le récit, les séquences spectaculaires sont quand même assez inégales. Alors que l'introduction de Bane et son premier affrontement avec le Caped Crusader nous scotchent à notre siège, la course poursuite finale est filmée sans imagination et finit par être anecdotique. Un manque d'audace dans la mise en scène que le réalisateur a tendance à compenser avec la musique emphatique d'Hans Zimmer.
Mais on l'a bien compris depuis Batman Begins, la force de cette trilogie est ailleurs. Elle réside dans l'histoire et dans l'émotion qui s'en dégage. Car plus que l'interminable lutte entre un justicier et le mal qui ronge sa ville, ce qui a toujours intéressé Nolan, c'était de nous raconter l'histoire de Bruce Wayne, le gamin apeuré sous le masque. Une histoire sombre faite de victoires amères, de désillusions mais aussi d'espoir. Une histoire qu'il a su traiter avec beaucoup d'émotion et de manière captivante tout au long de ses trois films.

La fin de cette histoire est belle, idéale. Celle que mon petit cœur de batmanophile espère depuis toujours. La fin parfaite.

jeudi 12 juillet 2012

The Amazing Spider-Man.


Des premières images alléchantes, un premier teaser bien foiré, des trailers plus rassurants, des critiques mitigées... Et la peur de revivre le traumatisme d'un Green Lantern.

Et donc, The Amazing Spider-Man...

C'est Marc Webb à la réalisation. Le responsable de 500 Days Of Summer, l'un des films les plus tristes de la Terre.
Ça commence avec No Way Down, un morceau de The Shins. Ça commence bien donc.
C'est l'histoire d'un ado rêveur, d'une morsure d'araignée et d'un oncle qui disparaît. Le tout avec une impression de déjà-vu.
C'est une genèse un peu torchée, mais c'est pas plus mal.
C'est Andrew Garfield dans la peau de Peter Parker. Convaincant, longiligne, une coolitude infinie et qui te fait pas flipper quand il est content. Tobey qui?
C'est les jolies petites fesses d'Andr... d'Emma Stone. J'ai dit Emma Stone. Ses jupes et sa moue trop cute. La plus belle trouvaille du film.
C'est donc Gwen Stacy en love interest du héros. Pas Mary-Jane Watson. Personne ne passe après Kiki.
C'est Rhys Ifans en Curt Conors. Le gars dans le clip de The Importance Of Being Idle. Comment ça, on s'en fout?
C'est avec de vrais lance-toiles aux poignets. Mon anniversaire, c'est bientôt les gens.
C'est trois quarts d'heure à te demander où est-ce que t'as déjà vu la meuf qui joue tante May.
C'est le revoir se balancer majestueusement d'immeuble en immeuble. Un plaisir inlassable qui te fait oublier tout scepticisme sur l'intérêt de ce reboot.
C'est une scène de sauvetage dans une voiture qui te fait un peu penser à Jurassic Park. Surtout quand t'as Laura à côté de toi.
C'est la mère de Forrest en fait, Forrest Gump.
C'est des scènes d'action encore plus spectaculaires que dans la première trilogie.
C'est un Lézard menaçant, massif, une queue puissante et des griffes acérées. Mais putain, c'est quoi cette tronche d'abruti?!
C'est une araignée contre un lézard. Ma mère n'ira jamais le voir.
C'est le meilleur caméo de Stan Lee dans un film Marvel.
C'est cent trente-sept millions de dollars en six jours aux États-Unis. La preuve que le genre n'est pas encore mort.
C'est Norman qui fout la merde partout. Encore.
C'est une Untold Story qui le reste à la fin.
C'est une scène post-générique beaucoup moins excitante que celle de The Avengers. Mais vivement la suite quand même.

C'est une réussite. Une bonne surprise.

vendredi 27 avril 2012

The Avengers.

Ce film, je l'ai attendu pendant quatre ans, depuis la scène post-générique du premier Iron Man. Je l'ai espéré pendant douze ans, dès que je suis sorti de la séance du premier X-Men. J'en ai rêvé depuis dix-sept ans, quand j'ai commencé à lire mes premiers comics... En fait, j'ai passé ma vie à attendre ce film.

Et mercredi en début d'après-midi, plus qu'un film, j'ai vécu un rêve éveillé.

Ça fait déjà quarante-huit heures et je m'en suis toujours pas remis. Et je vais sûrement retourner le voir dans les jours qui viennent pour ne pas m'en remettre, encore. The Avengers est un film de malade. Un chef d’œuvre du divertissement. Le plus grand film de super-héros que j'ai jamais vu. Le plus grand film que j'ai jamais vu tout court. Grandiose. Brillant. Un rêve de gosse devenu réalité. Et c'est en grande partie grâce à son réalisateur, Joss Whedon.

 
Avant ce film, ce mec, je me contentais juste de l'adorer. Il est l'un des meilleurs scénaristes de comics actuel et sans doute le meilleur dialoguiste que j'ai pu lire. Et surtout, il ressort de ses œuvres un talent indéniable, il sait conter les histoires de groupes comme personne. De Buffy à Astonishing X-Men, en passant par Serenity, on sent que Whedon aime ses personnages et qu'il veut nous les faire aimer. Ne se contentant jamais de quelques traits caractéristiques, il prend le temps de les rendre attachants, de leur donner plus de profondeur, de nuances. Et surtout de vraies interactions. Ainsi dans ses histoires, chaque personnage se reflète à travers un autre, permettant ainsi de créer une réelle dynamique. Tout ça pour dire à quel point le choix de Whedon pour réaliser The Avengers était une évidence.

Car sa recette, il l'applique brillamment tout au long de son film. Parvenant ainsi à tourner à son avantage l'une des grandes interrogations qui tournaient autour de ce projet dantesque: comment faire une équipe cohérente avec ces personnages que tout oppose? Il prend le temps d'y répondre durant les deux premiers tiers du films, tout en développant sa trame principale tournant autour de la disparition du Cube Cosmique. On a alors droit à un premier tiers d'exposition, un passage obligé durant lequel tous les personnages, sans exception, sont solidement caractérisés, avec leurs propres conflits et enjeux narratifs. Puis un deuxième tiers où ils se rencontrent, se croisent et s'opposent, ne formant encore qu'une somme d'individualités avec des enjeux et des egos divergents. Tout ça est habilement mené, avec une intrigue dense et pleine de péripéties et surtout avec des dialogues excellents. Car l'une des forces du film réside dans ses dialogues et là encore, on a droit à du grand Whedon. Fin et percutant, drôle et émouvant, il donne à son film un ton unique et à certaines scènes une saveur particulière. Parmi celles qui m'ont le plus marqué, cet aveu d'impuissance de Banner, ou encore ce règlement de compte entre Rogers et Stark où ce dernier est pour la première fois, confronté à un vrai héros.
Évidemment, durant cette longue exposition, Whedon n'oublie jamais son objectif premier: nous divertir. D'abord avec son humour (très whedonien), où entre les vannes de Tony Stark, les punchlines de Nick Fury et le jet lag permanent de Steve Rogers, ça fuse de tous les côtés. Puis grâce à son sens du spectaculaire, avec des scènes d'action livrées en parcimonie mais non moins impressionnantes et faisant monter un peu plus la tension à chaque fois, en attente du dernier acte.

Côté casting, les productions Marvel Studios ont toujours pu se targuer d'avoir de brillantes distributions. Et vu qu'on prend les même et qu'on recommence, The Avengers ne fait pas exception. Si les joutes verbales sont si savoureuses et font mouche à chaque fois, c'est aussi parce qu'elles sont portées par d'excellents comédiens. À noter la prestation très convaincante de Mark Ruffalo en énième incarnation de Bruce Banner. Mais la meilleure surprise vient tout de même de Loki, interprété par Tom Hiddleston. Ma seule inquiétude à l'attente du film malgré son potentiel aperçu dans Thor. Mais finalement, le comédien nous rassure dès la scène d'intro en parvenant, sans en faire des tonnes, à devenir ce dieu vil et manipulateur qu'on adore détester dans les comics.


Puis on y arrive. Le dernier acte du film. Une bataille d'anthologie dans les rues de Manhattan. Rien que d'y repenser, j'en bave encore. En terme de spectaculaire, cette dernière demi-heure ridiculise de loin tout ce qui a été fait en termes d'adaptation de comics jusqu'à maintenant. Et surtout, elle a surpassé toutes mes attentes de fan. Captain America, Iron Man, Thor, Black Widow, Hawkeye et Hulk repoussant ensemble une invasion extra-terrestre, quatre ans et cinq films qu'on attendait ça, et c'est peu dire que ça valait le coup. J'ai jamais été autant émerveillé devant un écran géant. Trente minutes d'héroïsme avec un grand H, sublimé par les effets spéciaux d'ILM et la musique d'Alan Silvestri. Ça frappe dans tous les sens, ça explose de partout, ça transpire la classe et c'est incroyablement jouissif. Trente minutes durant lesquelles l'écran s'embrase et nos rétines avec.
Et en apothéose de cette bataille, il y a ce magnifique plan séquence qui à lui seul me convaincra de revoir ce film encore et encore. Une minute durant laquelle la caméra vogue de héros en héros, s'attardant quelques secondes sur leurs exploits, et nous les montre enfin lutter ensemble pour repousser une menace commune... Grandiose.
On aurait aimé que ce dernier acte ne finisse jamais mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et alors qu'on se remet à peine de nos émotions et que nos rétines fument encore, le film offre à ses fans une ultime surprise. Une scène post-générique à la hauteur du film, qui m'a laissé sans voix et nous promet une suite encore plus spectaculaire... En 2015.

Alors évidemment le film n'est pas parfait et contient ses ptits défauts, mais on ne peut que s'incliner devant la générosité et la qualité du spectacle qui nous est offert. The Avengers est un immense film. J'ai dû patienter dix-sept ans, mais enfin je l'ai vu.

mercredi 18 avril 2012

I love you Tom.

Aujourd'hui, histoire d'occuper un peu mon après-midi, je me suis calé au fond de mon canapé avec le nez plein de morve et quelques mouchoirs, et je me suis maté le DVD de Knight And Day. Une comédie d'action que j'ai oublié d'aller voir en 2010 et subtilement rebaptisée Night And Day pour le marché français. Génie marketing, quand tu nous tiens.
Un film plutôt sympa. Mélange d'action décomplexée et d'humour au troisième degré, suffisamment fun pour pas te faire chier. Et c'est tout ce que je demandais. Mais en fait, on s'en fout du film. J'avais surtout envie de vous parler de son acteur principal. Parce que dès que je l'ai vu, j'ai été pris d'une certaine nostalgie. Mon cœur s'est mis à battre plus que d'ordinaire. Et lorsqu'au bout de deux minutes, il a balancé son sourire capable de rassurer un leucémique, je me suis senti tout chose. Car en le voyant, c'est toute mon adolescence de cinéphage qui m'est revenue en tête. Ce mec, c'est Tom Cruise.


Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Oliver Stone, Ridley et Tony Scott, Brian de Palma, Sidney Pollack, Michael Mann, Stanley Kubrick, Ron Howard, Steven Spielberg, J.J. Abrams, Paul Thomas Anderson, Cameron Crowe, John Woo, Bryan Singer, Brad Bird, Ben Stiller (pour la déconne)... Quel autre acteur peut se targuer d'avoir une telle liste de réalisateurs dans sa filmographie? Aucun. Vraiment. J'y ai réfléchi pendant dix bonnes minutes. Tom Cruise est le seul. Et de ses collaborations avec les plus grands metteurs en scène de son époque, il en a tiré l'une des filmographies les plus éclectiques d'Hollywood. Du blockbuster estival au drame, en passant par la science-fiction, le thriller ou même l'heroic fantasy, une trentaine de films dont l'essentiel sont des énormes succès contemporains amplement mérités, certains devenant même cultes avec les années. Bon ça, c'était juste histoire de vous rappeler qui était le bonhomme.

Parce que j'ai l'impression que sa mégalomanie, sa scientologie et ses promos sous acide sont les seules choses qu'on ait retenues de lui au final, je me demande comment on a pu oublier à quel point c'est un formidable acteur. Brillant dans tous les registres, il réussit même à nous surprendre là où on ne l'attend pas, que ce soit en Lestat de Lioncourt ou dans les bourrelets de Les Grossman (Robert Downey Jr. a beau prendre l'accent black, le plus drôle dans Tropic Thunder c'est Tom Cruise).

Dans Knight And Day, son personnage arrive à dompter un taureau avec une Ducati Hypermotard, le tout avec Cameron Diaz qui lui masque à moitié la vue. À ce moment là, j'ai même pas sourcillé, je me suis dit "Normal, c'est Tom Cruise." Pareil il y a quelques mois dans Ghost Protocol, quand il escalade le Burj Khalifa.
Parce que vers la fin des 90's, durant mon adolescence passée à bouffer des films, Tom Cruise je l'ai adoré, admiré. Il savait tout faire avec panache. Il incarnait une certaine idée du cinéma hollywoodien, celui que je découvrais petit à petit à coups d'enregistrement sur VHS, et qui me faisait rêver. Et ce mec, avec ses cascades à la con dans Mission : Impossible II, il m'a fait rêver. Et j'aimais croire que c'était vrai. Avec son talent de comédien et sa tête de bon gars, il m'a aussi passionné, il m'a fait rire, il m'a fait frissonné. Et plus que tout, il m'a ému. Dans Jerry Maguire. Sans doute l'un de mes films préférés ou en tout cas celui qui m'a le plus marqué étant adolescent. Il y incarne un agent sportif à qui tout réussit mais qui, dégoûté par son métier et ses privilèges qui lui semblent factices, décide de tout envoyer chier pour redonner du sens à sa vie. C'est plein de bons sentiments, c'est naïf et j'hésite à le revoir aujourd'hui par peur de le trouver trop niais. Mais c'est d'une telle sincérité que ce film te donne envie de tomber amoureux, et d'être un type bien. Je l'ai vu une dizaine de fois.

En fait, je pourrais aimer Tom Cruise rien que pour Jerry Maguire. Mais il y a aussi Ethan Hunt, Brian Flanagan, Les Grossman, Ray Ferrier, Cole Trickle, Charlie Babbitt, John Anderton, (nan pas Maverick, faut pas déconner)... Autant de personnages avec lesquels il m'a marqué, touché et m'a fait aimer le cinéma. Dans tous ses genres.

vendredi 23 mars 2012

Cloclo.


C'était dans un moment de faiblesse, au milieu de l'après-midi. J'étais en train d'errer dans ma Forteresse de Solitude, avec ma toux et mon désespoir. Et elle était là. Cette bande-annonce aguicheuse, avec ses strasses, ses paillettes, et la promesse d'y voir une vie peu banale et un Jérémie Renier époustouflant. C'était pas la première fois qu'elle me faisait de l’œil. Avant, c'était au cinéma devant tout le monde, avant Les Infidèles.
Des proches ont essayé de m'en dissuader, ils m'ont dit qu'on allait se foutre de ma gueule, me cracher dessus, qu'il y avait Chronicle, que c'était plus un film pour moi. Mais c'était peine perdu. Je m'ennuyais, le Printemps du Ciné approchait, et un film de deux heures et demi quand on peine à occuper ses journées, c'est pas négligeable... Alors je suis allé voir Cloclo. Le chômage excuse tout.

Puis c'est en arrivant dans la salle que j'ai vraiment compris que c'était pas un film qui m'était destiné. Un hospice. Je devais être la seule personne en dessous de cinquante ans, voire soixante. La dernière fois que j'ai vécu un tel moment de solitude, c'était il y a trois ans, pour Hannah Montana. Avec ses spectatrices de douze ans de moyenne. Et encore cette fois là, y avait Laura. Et un vieux vicelard. Là, c'était exactement l'inverse.
Au moment de chercher la place idoine (fulgurance de vocabulaire, ça sort tout seul), silence gênant, regard pesant. Je sens même certains me prendre de haut, genre Projet X c'est dans la salle d'à côté. Connard. Je suis quand même tenté de leur expliquer que c'est pas de ma faute, que c'est la société, ma situation précaire tout ça. Mais finalement je préfère m’asseoir discrètement et attendre le film en me demandant cent mille fois ce que je fous là.

Deux heures et demi plus tard, je rentre chez moi. Et en remontant une rue Sully déserte, je me surprend à chantonner que comme d'habitude, on fera semblant.

Durant ces deux heures et demi, j'ai vu le destin hors du commun d'un mec à la voix nasillarde. Physiquement, un croisement entre le premier de la classe et l'idiot du village. Le gars que t'as envie de claquer en gros. Un mec qui admirait The Voice, jalousait l'Idole des jeunes, se faisait piquer sa première femme par Monsieur 100 000 volts et qui courait après la reconnaissance de son père qu'il n'aura finalement jamais. Durant deux heures et demi, j'ai suivi la courte vie d'un perfectionniste obsessionnel, visionnaire, narcissique, despotique et maladivement jaloux. Un trou du cul qui à force d'acharnement, est aujourd'hui considéré comme l'une des plus grandes vedettes de la chanson française. Un mec qui se détestait et qui faisait tout pour être aimé, par ses fans d'abord, puis par les femmes qui l'entouraient. Un personnage tellement tragique et cinégénique qu'on finie par se demander pourquoi son biopic ne sort que maintenant.
Un bon film donc, qui, malgré les défauts inhérents au genre, parvient à nous captiver durant toute sa longueur grâce à son rythme et à sa mise en scène. Aidé par un Renier évidemment bluffant, mais aussi un casting féminin aussi talentueux que fantasmant (Joséphine Japy et Ana Girardot).

Et puis vient la scène de la salle de bain (spoil, blague), filmée comme un slasher movie, avec un art du suspense assez génial. Dans la salle, tout le monde retient son souffle, en matant le gars prendre sa douche. Au bout de deux bonnes minutes, le mec finie par poser le pommeau puis se rendant compte que la lumière derrière lui clignote, se retourne. Et là, alors qu'il pose son pied dans une grosse flaque d'eau et qu'on arrive au climax de la scène, j'entends la ptite voix pleine d'émotion d'une vieille derrière moi "Oh non... Pas ça..." Oh si. Dans un slasher, le connard meurt toujours.

mercredi 31 août 2011

Captain America : The First Avenger.


J'ai jamais pleuré devant un film. J'arrive à m'émerveiller, à frissonner, à m'accrocher à mon siège, à avoir peur, à rester bouche bée, à m'émouvoir, à avoir le cafard. Je me laisse facilement absorbé par un film... Mais à pleurer, jamais. D'ailleurs, j'aime bien me foutre de la gueule des gens à qui ça arrive, persuadé que ça m'arriverait jamais. Et puis...

On est à New-York, début des 40's. Tandis que l'Europe s'embrase, le jeune Steve Rogers n'aspire qu'à une seule chose, combattre le nazisme en s'enrôlant dans l'armée américaine. Mais cette dernière le réforme, à cinq reprises. Trop petit, trop frêle, trop souffreteux. Un corps de merde quoi. Mais une volonté qui dépasse la raison.
Lors d'une énième tentative, Steve fait la connaissance d'un scientifique, le professeur Abraham Erskine. Ce dernier, fasciné par le jeune homme, lui propose de se porter volontaire au projet sur lequel il travaille pour le compte de l'armée. L'élaboration d'un sérum permettant à tout être humain d'atteindre sa plénitude physique... Le sérum du Super Soldat.

De l'adaptation la plus risquée, les studios Marvel en ont tirée leur meilleur film (subjectivement évidemment). Et l'un des meilleurs du genre, car porté par un des réalisateurs les plus sous-estimés d'Hollywood, Joe Johnston.
Directeur artistique de deux des plus grandes trilogies du Septième Art (Star Wars et Indiana Jones) et créateur de Boba Fett (même Dieu n'aurait pas fait mieux...), Johnston s'est doté, à partir des 90's, d'une petite filmographie qui, sans atteindre le culte, s'avère être une véritable déclaration d'amour au cinéma d'aventure. De Honey, I Shrunk The Kids à Jurassic Park III, en passant par The Rocketeer et Jumanji (han Kirsten y était vraiment trop bonne), cette poignée de films sans prétention révèle Johnston comme un formidable conteur d'histoire. Alternant aisément l'émotion et le spectaculaire. La première bonne idée du film, c'est lui.
La deuxième, c'est d'avoir situé l'intégralité du film dans les 40's. Ça donne un ptit charme rétro(-futuriste) et ça change un peu... Et puis bon, tataner la gueule des nazis, c'est toujours marrant dans les films.
Les ajustements par rapport au matériel de base sont nombreux, mais toujours judicieux. L'explication du costume est une vraie trouvaille scénaristique, la réécriture du personnage de Bucky est plausible et ne dénature pas le personnage et la présence d'Howard Stark, père de, et du Cube Cosmique justifient à eux seuls le côté rétro-futuriste du film.

Devenu une habitude chez le studio, le choix du comédien, ici Chris Evans, dans le rôle titre est encore une fois excellent. D'autant que ça semblait moins évident qu'un Downey Jr. en Tony Stark et que personne n'avait oublié sa tête à claque dans Fantastic Four (enfin pas moi en tout cas). Là, l'acteur est complètement métamorphosé et la surprise n'en est que meilleure. Son Steve Rogers est aussi touchant que son Captain America respire la classe. Le reste du casting est aussi à la hauteur. Un mélange de talents et de vraies gueules (Hugo Weaving en Red Skull, Stanley Tucci en Erskine, Tobey Jones en Arnim Zola et Tommy Lee Jones en... Tommy Lee Jones (c'est moi ou il fait toujours la même chose le mec?)) auxquels s'ajoutent d'agréables surprises (Hayley Atwell, Dominic Cooper, Sebastian Stan...).

Au final, l'ensemble s'apparente plus à un film d'aventure ou de guerre (l'escouade des Howling Commandos, des intrigues de missions secrètes...) qu'à un film de super-héros. Et à l'instar d'un Dark Knight très proche du thriller, ce mélange des genres apporte un vrai plus à l'œuvre, lui donnant une autre dimension, une autre saveur (putain, j'écris vraiment de la merde des fois...).

Et puis bon, on y arrive hein...

Je sais pas ce qui s'est passé.
En fait, depuis que je lis des comics, j'ai toujours aimé Captain America. L'homme qui brandit fièrement son bouclier indestructible contre l'injustice. Protégeant la veuve et le cotorep. Pour moi, il a toujours été le Héros. Le vrai. Celui qu'on rêve d'incarner quand on a 8 ans (avant de se faire une raison et de se rabattre sur Sammo Hung). J'ai toujours trouvé que c'était un beau personnage. Le défendant corps et âme contre les plus sceptiques. My Hero.
Alors j'étais là, assis sur mon siège. Voyant ce jeune homme frêle en train de mener sa vie pourrie. Mais toujours en train d'affronter l'adversité. Son combat est naïf, irraisonné, mais réellement émouvant. Et puis, à force de volonté et de sacrifice, il finit par réussir. Par atteindre son but. Et à ce moment là, je me suis dit qu'un jour, ce ptit gars allait devenir le leader des plus grands héros de la terre. Le leader des Avengers.

Mes yeux se sont humidifiés. Puis une larme a coulé. C'est beau le cinéma putain.