mardi 7 août 2012

The Dark Knight Rises.


Cela fait maintenant huit ans qu'il a endossé la folie meurtrière et la disparition d'Harvey Dent, offrant ainsi à Gotham une période de paix inespérée. Considéré depuis comme un paria et un fugitif, Bruce Wayne vit reclus dans son manoir, épuisé par sa croisade, brisé par la mort de celle qu'il aimait. Et alors que son justicier rumine ses obsessions et se laisse pousser la barbe comme un vieux clodo dégueulasse (il vit ma vie en fait), Gotham City prospère et sombre lentement dans l'apathie. Mais dans ses entrailles, se terre une nouvelle menace. Un mercenaire du nom de Bane se prépare à bousculer l'ordre établi et à pousser la ville dans ses derniers retranchements, obligeant Wayne à reprendre cape et masque...

"There's a storm coming, Mr Wayne."

Alors au bout de deux visionnages (le chômage et l'amour excusent tout), The Dark Knight Rises ne sera jamais le "Aaaah c'est le meilleur film que j'ai vu de toute ma vie!!" pour les raisons que l'on connaît, mais il parvient à égaler son prédécesseur en terme de qualité, ce qui en soit est déjà énorme. Malgré quelques défauts, ce troisième opus est une vraie réussite, un excellent film ponctué de moments savoureux et grandioses et une belle manière de conclure la trilogie, offrant ainsi à l'homme de ma vie la saga cinématographique qu'il mérite.

La première qualité des Batman de Nolan, c'est d'avoir toujours privilégié l'histoire. Et ainsi de faire du grand spectacle au service d'un scénario solide. Pour son troisième film, le réalisateur reste fidèle à sa ligne de conduite en développant une intrigue dense où se croisent plusieurs arcs narratifs (la rédemption de Wayne, les tribulations de Selina Kyle, les investigations de Gordon et Blake, Bane qui fait mumuse) et qui mêle habilement monté d'adrénaline et émotion.
Comme à son habitude, le scénario prend le temps de donner de l'épaisseur à ses personnages qui vont, viennent et se croisent tout au long du film. Chacun d'eux est suffisamment bien traité pour qu'on s'y attache et qu'on suive leur arc narratif avec intérêt. Et alors qu'on aurait pu craindre un bordel sans nom avec l'apparition de nombreux personnages inédits, l'histoire les intègre parfaitement évitant ainsi la catastrophe d'un Spider-Man 3 (Sandman et Venom? Qui complotent ensembles? Sérieux les mecs...).
De plus, en multipliant les références aux précédents volets (la loi Dent, la Ligue des Ombres), Nolan donne une certaine cohérence à sa trilogie et s'attache à faire de The Dark Knight Rises une véritable conclusion. Plus qu'un nouvel épisode de la franchise, le film donne vraiment l'impression de faire partie d'un tout, d'être le final d'une histoire encore plus grande initiée depuis Batman Begins. Une impression plus qu'agréable au moment du générique de fin.

Le casting de son côté, est encore une fois excellent, à l'exception de l'insupportable et nanardesque Marion Cotillard. Christian Bale, Gary Oldman, Morgan Freeman et Michael Caine n'ont plus rien à prouver et continuent de s'approprier parfaitement leur rôle respectif, réussissant même à nous transmettre une certaine nostalgie, mais c'est des nouveaux venus que viennent les plus belles surprises. Alors que Joseph Gordon-Levitt, tout en retenue et en sobriété, est très convaincant, que dire de Tom Hardy et Anne Hathaway.
Aidé par une réécriture intelligente du personnage lui permettant d'être plus qu'une brute épaisse, le Bane de Tom Hardy est juste incroyable: imposant et charismatique, aussi violent et sadique que fin stratège. Derrière son masque qui semble littéralement soudé à sa mâchoire, le comédien parvient à nous faire flipper à chacun de ses plans, grâce à son regard, sa gestuelle et sa voix étonnamment posée.
Et puis, il y a la performance épatante d'Anne Hathaway. Outre le fait qu'elle vient de se faire une place au soleil dans "Mon top 25 mûrement réfléchi des plus belles femmes du monde", elle incarne pour moi la Catwoman parfaite (même si la comparaison avec celle de Pfeiffer n'a pas vraiment lieu d'être tant les univers sont différents). Celle dont je suis amoureux dans les comics: charmeuse, roublarde, une capacité à se foutre dans la merde et à toujours s'en sortir avec malice, et un peu romantique aussi. Elle est la meilleure surprise du film tant les premières images du personnage et les trailers m'avaient laissé sceptique. Au final, ses joutes verbales avec Bruce Wayne/Batman font partie des scènes les plus savoureuses du film, sans oublier ses coups d'éclat, notamment avec la scène du portable.

Pour ce qui est du spectacle, Nolan confirme, malgré ses progrès, qu'il est plus doué pour faire monter la tension ou créer une atmosphère que pour filmer de l'action pure. Bien qu'elles soient plutôt réussies (comprendre lisibles) et rythment bien le récit, les séquences spectaculaires sont quand même assez inégales. Alors que l'introduction de Bane et son premier affrontement avec le Caped Crusader nous scotchent à notre siège, la course poursuite finale est filmée sans imagination et finit par être anecdotique. Un manque d'audace dans la mise en scène que le réalisateur a tendance à compenser avec la musique emphatique d'Hans Zimmer.
Mais on l'a bien compris depuis Batman Begins, la force de cette trilogie est ailleurs. Elle réside dans l'histoire et dans l'émotion qui s'en dégage. Car plus que l'interminable lutte entre un justicier et le mal qui ronge sa ville, ce qui a toujours intéressé Nolan, c'était de nous raconter l'histoire de Bruce Wayne, le gamin apeuré sous le masque. Une histoire sombre faite de victoires amères, de désillusions mais aussi d'espoir. Une histoire qu'il a su traiter avec beaucoup d'émotion et de manière captivante tout au long de ses trois films.

La fin de cette histoire est belle, idéale. Celle que mon petit cœur de batmanophile espère depuis toujours. La fin parfaite.