dimanche 3 juillet 2011

Transformers : Dark Of The Moon.


Des couchés de soleil à n'en plus finir. Une explosion. Des femmes divinement belles. Une explosion. Des voitures avec des moteurs gros comme ta mère. Une explosion. Des torses musclés et bronzés. Une explosion. Des army guys à foison. Une explosion. De l'humour gras. Et... encore un tas d'explosions. Le cinéma selon Michael Bay. La création par la destruction. Le summum du bourrin en une poignée de films. C'est jamais subtil, souvent indigeste. Mais ça fait partie de mes nombreux plaisirs coupables. J'aime Michael Bay. Un cinéma fait de bonheurs simples. Mais pas à la portée de tous.


Parce qu'il ne s'adresse pas à un public avide de dialogues subtiles et d'humour cynique, son cinéma se fait souvent prendre de haut. La critique pédante est souvent facile et enfonce les portes ouvertes : patriotisme exacerbé, blagues vulgaires, misogynie. Mais accuser Michael Bay de tous ces maux, c'est essayer vainement d'apporter un fond à sa critique, c'est tenter d'intellectualiser quelque chose qui n'a pas à l'être. Sa filmographie est totalement puérile, naïve et n'est là que pour nous divertir. Elle n'est qu'une succession d'histoires qu'on a tous imaginées ou rêvées, quand on avait entre cinq et dix ans (voire vingt-trois...).

Regarder un de ses films, c'est se revoir plus petit, des figurines dans les mains, d'autres éparpillées sur le lit, en train de faire la guerre. C'est se revoir assis en tailleur, bruitant des explosions. Imaginant des histoires où les héros sont aussi fort que courageux, où les héroïnes sont tellement belles qu'elles valent la peine d'affronter une armée. Des histoires dantesques avec des enjeux simplistes, où il n'y a que le bien contre le mal, sans aucune nuance.
Le cinéma de Michael Bay, c'est juste ça. Un délire purement régressif qui fait appel à nos plaisirs les plus primaires. C'est comme regarder un enfant ouvrir son coffre à jouets, sauf que le sien coûte deux cent millions de dollars.


Évidemment, les défauts sont nombreux. Il faut une certaine patience et beaucoup d'indulgence pour se taper les scènes banales qu'il ne maitrisera jamais vraiment, les punchlines un peu vaseux, son humour gras, et surtout ses tics persistants dont il est le seul à ne pas se lasser (faire un ralenti sur un gars qui sort de sa caisse, quand même...). La liste est encore longue... À cause de ça, ses films ne tiennent jamais sur la longueur, et peuvent parfois devenir franchement mauvais. Mais ils contiennent tous, sans exception, une poignée de scènes dont lui seul a le secret.

Ces scènes, pour peu qu'on les regarde sur un écran géant, peuvent décoller n'importe quelle mâchoire. Elles sont l'unique raison de voir ses films.
C'est une course poursuite effrénée dans Bad Boys II. C'est New-York sous une pluie de météorites dans Armageddon. C'est la longue scène de destruction dans Pearl Harbor. C'est Nicolas Cage à genoux avec les feux de détresse dans The Rock. C'est l'arrivée sur Terre des Autobots dans Transformers. C'est Megan Fox penchée sur le capot de la Camaro sous un soleil couchant. C'est Optimus Prime dans la forêt, seul contre tous dans Revenge Of The Fallen... Ce sont des mélanges de chaos grandiloquent, de furie mécanique, de moments de désespoir et de grâce. Sublimés par une mise en scène emphatique et une esthétique clinquante mais foutrement efficace. Des scènes ultra-jouissives que seul Michael Bay est capable de nous offrir avec une telle maitrise.


Et donc, Transformers : Dark Of The Moon (parce que c'est de ça que je devais parler à la base...) c'est un condensé de tout ça. Du pure Michael Bay, avec ses défauts et ses qualités.

La première heure est une longue exposition du contexte et des enjeux, avec pas mal d'intrigues secondaires sensées donner plus de profondeur à certains personnages, des blagues à la con, et des ptites mises en bouches par-ci par-là, histoire d'admirer la mécanique (hmm Optimus...). C'est un peu long mais bon, les conneries de Shia Labeouf, John Turturro et John Malkovich, c'est débile mais moi ça me fait rire. Alors, à l'inverse de Revenge Of The Fallen, on patiente sans trop faire la gueule, c'est déjà ça. Mais vient quand même un ptit pincement au cœur quand on se rend compte que Megan Fox est vraiment irremplaçable..
La suite, c'est de la démesure dans toute sa splendeur. Le réalisateur fait ce qu'il sait faire le mieux, "Beuuuh je fais tout péter". Ça démarre avec une course poursuite sur l'autoroute qui rappelle une scène du premier opus, mais en mieux. Et ça s'achève avec une baston finale épique. Entre les deux, une heure et demi où les scènes époustouflantes s'enchainent dans un Chicago transformé en deux-deux en terre apocalyptique: le vol plané en wingsuit au milieu de la ville (avec un rendu impressionnant en 3D, et oui), l'attaque du Driller sur un building, les rush d'un Optimus plein de panache... Techniquement, les effets spéciaux sont superbes. La contrainte de la 3D oblige un montage moins épileptique, les scènes d'action n'en sont que plus agréables à suivre. Un mal pour un bien.

Au final, ce troisième épisode conclut la trilogie avec panache en nous laissant bouche bée. Dans la lignée du premier opus et surpassant largement un deuxième très médiocre, Dark Of The Moon nous offre en grande quantité ce qu'on est venu chercher, du grand spectacle. Avec un joli emballage en prime, la marque de fabrique du monsieur.