dimanche 12 décembre 2010

"Les dinosaures mangent l'Homme. La Femme hérite de la Terre."


Dans ma quête désespérée de retourner en enfance et d'oublier tous les problèmes du vrai monde qui va chez le coiffeur... je me suis offert, il y a une dizaine de jours, le coffret de la trilogie Jurassic Park.

De ma jeunesse traumatisante, je vous ai presque tout dit. Les brimades à l'école, le racisme, Premiers Baisers, Dragon Ball, mes premiers comics, les pieds dans la rizière, la guerre, le pont de la rivière Kwaï ("Mais, c'était pas en Thaïlande?" Chut.)... mais pas les dinosaures.

J'avais 6 ans quand le premier film est sorti. C'était en 1993. Je me souviens de tout.
On était toute la famille chez mes grands-parents, à Fontbarlette (sic). Et je faisais chier tout le monde pour qu'on aille le voir. Du coup, mon père avait appelé le Palace pour connaître les horaires (puisque c'est comme ça qu'on faisait à l'époque), puis m'annonçait avec un grand sourire: "Allez, on va voir Jurassic Park, mais t'as pas intérêt à t'endormir (en VO dans le texte)". Et en effet, Jurassic park est le tout premier film que j'ai réussi à suivre dans son intégralité. Et pour cause, impossible de dormir, je flippais trop. Le black qui ouvre la cage aux raptors au tout début. L'avocat Gennaro. Dennis Nedry. Le bras de M. Arnold. Robert Muldoon ("Oh ben nan, je l'aimais bien Robert")... Autant de morts tragiques qui ont réussi à me maintenir éveillé.
Ma mère aussi était venue le voir. Depuis que je suis né, ma mère n'est allée que deux fois au cinéma. Jurassic Park donc, et King Kong de Peter Jackson. Inconsciemment, ma mère kiffe les Tyrannosaures...

Outre les morts traumatisantes, la grande claque. La découverte de ce qu'était vraiment le cinéma, un rêve éveillé (selon Spielberg en tout cas). Je pense que le pire pour mes parents, mes grands-parents, mes oncles et mes tantes, c'est que ce film soit sorti en fin d'année, genre juste avant tu-sais-quoi... "Alors, tu veux quoi pour Noël?" Devine.
Grâce à Noël donc, et à mes bonnes notes (j'étais major en CP...), j'avais réussi à accumuler les figurines d'Alan Grant, Tim Murphy, Robert Muldoon (!!!) qui inexplicablement avait un bazooka, et même Denis Nedry (qui était beaucoup moins gros que dans le film...). Je les avais tous sauf Ellie Sattler (normal, une meuf quoi...). J'avais aussi la voiture Jungle Explorer (avec un lance-missile), un vélociraptor. Et le must... Le Tyrannosaurus Rex. Qui rugissait et faisait des bruits de pas... Enfin jusqu'à que j'en abuse et finisse par péter le mécanisme.

S'en suivit une période de fascination assez intense pour les dinosaures qui dura plusieurs mois. Je collectionnais les fiches de chez mon marchand de journaux. J'en dessinais par dizaines. J'étais incollable sur le sujet. Je mangeais des Dinosaurus de Lu. Et je voulais devenir comme Alan Grant, paléontologue.

Euh... Je viens de me rendre compte que c'était il y a 17 ans. Putain. Je vais pleurer en position fœtale dans mon lit, et je reviens.


Alors, après avoir passé les dix dernier jours à mater les trois films en VO, les scènes coupées et les making-of... Bien qu'ils soient tous excellents, les deux suites ont quand même du mal à égaler le premier, qui est juste, en toute subjectivité, un chef-d'œuvre.

Que ce soit sa manière de nous raconter une histoire, sa mise en scène, cette faculté qu'il a de nous tenir en haleine, de nous émouvoir, de nous en mettre plein la gueule, ses angles de prises de vue, ses mouvements de caméra, la place qu'il laisse aux jeux des acteurs pour ainsi nous faire aimer ses personnages... Tout ce qui fait de Steven Spielberg le plus grand entertainer de ces trente dernières années (loin devant n'importe qui), est dans ce film.
Même 17 ans après (ça me fait encore mal), du début à la fin, de la découverte du brachiosaure aux vélociraptors dans la cuisine... on passe encore de l'excitation à la peur (un peu moins maintenant), de l'ironie au spectaculaire, du rire aux larmes ("Oh putain, Robert est vraiment mort quoi..."). Sans doute parce que les effets spéciaux n'ont pas encore vieilli, que le casting reste magique, et que la mise en scène d'un Spielberg au meilleur de sa forme est encore unique.
En fait, la seule chose qui a changé, ce sont les dialogues, qu'on apprécie mieux à 23 ans qu'à 6. La scène du repas où ils débattent sur le parc, la théorie du chaos, le manège à puces de John Hammond... Quand j'étais petit, ces scènes m'ennuyaient à mourir, et surtout que j'y comprenais que dalle. Aujourd'hui, je les trouve passionnantes. Sinan, j'ai toujours cru qu'à la fin du film, Ellie avait un trou, genre cratère, dans l'épaule. Mais en fait non.

La suite, The Lost World, fait malheureusement un peu copier-coller. Avec une impression générale de moins bien. Genre Roland a pris la place de Robert. Les dialogues sont moins subtiles (la légende raconte que, faute de temps, ils ont été en grande partie improvisés...). Les personnages moins attachants. Malcolm, traumatisé par son séjour sur Isla Nublar, a perdu toute sa coolitude. Et puis il y a ce qu'il n'y avait pas dans le premier film, un boulet. La fille de Malcolm, qui, pour nous achever, nous gratifie de la scène la plus ridicule de la trilogie, et en plus elle est... non rien.
Bon évidemment, le film a quand même son lot de scènes spectaculaires, et il y a beaucoup plus de dinosaures... Mais ça fait un peu surenchère pour combler le scénario un peu faiblard. Et puis le coup du "Tiens y a une deuxième île" j'ai encore du mal à m'en remettre.
Dans les remarques inutiles que tu peux ressortir dans un conversation ou emporter dans ta tombe: Dans ce film, on y voit Vince Vaughn dans l'un de ses premiers rôles principaux, qui est ensuite parti rejoindre le Frat Pack. La fillette qui se fait attaquer par les compsognathus au tout début, c'est Camilla Belle, qu'on a pu voir dans le très mauvais 10 000, dans une pub Nespresso, qui a des sourcils bizarres, et qui sort maintenant avec un frère Jonas. Et la remarque la plus inutile mais dont je suis le plus fier, dans la scène où Malcolm prend le métro, on y voit Eli Roth (le réalisateur d'Hostel, le Bear Jew dans Inglorious Basterds...) lire le journal. Et ouais, et ouais.

Jurassic Park 3 est... meilleur que le 2 (non, pas de cailloux dans la gueule merci). Parce que niveau personnage, c'est mieux. Même si y a encore un boulet, Amanda Kirby. On pourrait penser qu'elle a les réactions d'une géraldine (le nom que donne Crocodile Dundee aux citadines...) de base, mais c'est quand même assez navrant. Heureusement, les autres personnages secondaires restent dignes dans la fuite. Niveau dinosaure, le Spinosaurus est quand même très classieux, et on a enfin droit à une scène de Ptérodactyles. Et puis il y a quand même Alan Grant, Dinosaur Man merde quoi putain.
Remarque inutile toujours: Dans le 3, les raptors ont des prémices de plumes sur la tête... ce qui vérifie bien l'hypothèse de Grant au début du 1, et qui a été confirmée dans la vraie vie depuis, qu'ils sont plus proches de l'oiseau que du reptile. Si tu brilles pas en société avec ça.


Pour conclure... "Mes 10 scènes préférées de la trilogie Jurassic Park."

10. Au début du premier film, quand Grant fait peur au ptit gros.
"(...) Il t'entaille ici... ou ici ! Il t'ouvre le ventre qui déverse tes intestins. Le pire c'est que tu es vivant lorsqu'il te dévore... alors essaie... de te montrer un peu respectueux."

9. La boucherie dans les hautes-herbes dans The Lost World.

8.
Les scènes d'hystérie d'Ellie Sattler. Quand elle sursaute et s'agrippe au grillage dans la remise. Puis, quand elle voit Alan une fois sortie de la remise, elle court puis le prend dans ses bras et ses jambes... Enfin je trouve ça lol quand même.

7.
Quand le Spinosaurus se bat contre le T-rex.

6.
Quand Malcolm explique la théorie du chaos dans la voiture de visite.
" (...)Voila. Regardez ça. Vous voyez ? J’ai encore raison. Personne n’aurait pu prévoir que le docteur Grant sortirait soudainement d’un véhicule en marche.
- Alan ? Alan ? (Sattler sortant de la voiture)
- Voila, un autre exemple. Vous voyez, maintenant je suis tout seul… euh…je parle tout seul. C’est ça la théorie du chaos."

5.
Toute la scène dans la volière du 3.

4.
Les deux raptors dans la cuisine.

3.
Muldoon l'a vu, devant lui. Il pose son chapeau, arme son fusil, vise et se prépare à tirer. La caméra filme son dos, elle se déplace lentement pour cadrer le buisson à sa gauche. Du buisson jaillit la tête d'un deuxième Vélociraptor à la respiration rauque. Le temps de dire "Petite futée", Robert se fait bouffer la tête.

2.
La découverte du Brachiosaure.

1.
Toutes les scènes du Tyrannosaurus dans le premier film. Pauvre chèvre. Pauvre voiture. Pauvre Gennaro. Pauvre Galliminus...

(Promis, les articles sur des trilogies qui datent d'il y a plus de 10 ans, j'en referais plus. Pardon.)


(L'envolée à 3:20, ça fout des frissons...)

lundi 6 décembre 2010

Scott Pilgrim Vs. The World.


(Ouais j'ai les mêmes chaussures, mais j'vais pas prétexter un article juste pour pouvoir le dire. Quoique...)

Jouer de la basse avec son groupe de rock, les Sex Bob-omb. Squatter l'appartement de son meilleur ami gay, Wallace. Passer un peu de temps avec Knives Chau, une lycéenne sino-hystérique qui lui sert de copine. Voilà en quoi se résume la vie de Scott Pilgrim, 23 ans, glandeur rêveur vivant à Toronto.

Jusqu'au jour où une mystérieuse inconnue aux cheveux roses entre dans sa vie. Dans ses rêves d'abord, puis au hasard de quelques rencontres, dans la vraie vie... Obsédé par "la fille de ses rêves" (un peu facile oui...), il se met en quête d'informations et apprend qu'elle s'appelle Ramona Flowers, qu'elle est livreuse pour Amazon, et qu'elle vient d'arriver à Toronto en provenance de New-York. De là, commence une douce romance qui sera vite interrompue par l'arrivée des Seven Evil Exes. Une ligue composée des ex-petits amis de Ramona que Scott devra vaincre s'il veut sortir avec elle...

Adaptation fidèle du comics indépendant de Bryan Lee O'Malley (l'information inutile que tu peux ressortir dans une conversation... ou emporter dans ta tombe), Scott Pilgrim fait partie de ces films déjantés, pratiquant l'humour absurde, audacieux dans la mise en scène... mais qui n'atteindront jamais les cimes du box-office... ceci expliquant cela, mais c'est quand même bien dommage.

Mixant tout ce que peut nous offrir la culture pop des 90's (les comics, les manga, le rock de garage, et les jeux vidéos période Super NES...), ce film inclassable brille surtout par sa forme. La soundtrack assez bandante y est pour beaucoup (Beck, Metric, T-Rex, Blood Red Shoes, la musique de Zelda...). Le film est d'ailleurs conçu comme un jeu vidéo, entre plate-forme, beat'em all, et baston, le héros ayant la possibilité d'acquérir des level up, d'utiliser des combos et des armes en tout genre et devant faire preuve d'ingéniosité pour vaincre ses adversaires...
Tout au long du film, Edgar Wright, multiplie les trouvailles visuelles (les onomatopées par exemple) afin d'exploiter pleinement l'univers du comics, et allant même jusqu'à le transcender. Le tout sans négliger le fond. Bien que simpliste, l'histoire d'amour entre Scott et Ramona est d'une sincérité assez touchante. La dégaine d'ahuri de Michael Cera aide pas mal quand même... Et la galerie des personnages secondaires, de l'entourage de Scott aux sept ex-petits amis, tous aussi barrés, permet de rythmer le film avec des répliques qui fusent. L'humour est très proche de celui des manga. Très visuel, absurde, fait de non-sens... enfin faut aimer quoi.

Scott Pilgrim vs The World est donc juste ce qu'il prétend être. Un film visuellement fun. Un hommage aux 90's. À nos rêves adolescents. Une histoire totalement délirante pour peu qu'on accepte de s'y perdre...

Le film est aussi l'occasion de revoir l'ange de Metropolis version Bryan Singer, le joli Brandon Routh, qui avait un peu disparu de la circulation et qui joue là un ex végétarien possédant des pouvoirs télépathiques... Hum.