dimanche 12 décembre 2010

"Les dinosaures mangent l'Homme. La Femme hérite de la Terre."


Dans ma quête désespérée de retourner en enfance et d'oublier tous les problèmes du vrai monde qui va chez le coiffeur... je me suis offert, il y a une dizaine de jours, le coffret de la trilogie Jurassic Park.

De ma jeunesse traumatisante, je vous ai presque tout dit. Les brimades à l'école, le racisme, Premiers Baisers, Dragon Ball, mes premiers comics, les pieds dans la rizière, la guerre, le pont de la rivière Kwaï ("Mais, c'était pas en Thaïlande?" Chut.)... mais pas les dinosaures.

J'avais 6 ans quand le premier film est sorti. C'était en 1993. Je me souviens de tout.
On était toute la famille chez mes grands-parents, à Fontbarlette (sic). Et je faisais chier tout le monde pour qu'on aille le voir. Du coup, mon père avait appelé le Palace pour connaître les horaires (puisque c'est comme ça qu'on faisait à l'époque), puis m'annonçait avec un grand sourire: "Allez, on va voir Jurassic Park, mais t'as pas intérêt à t'endormir (en VO dans le texte)". Et en effet, Jurassic park est le tout premier film que j'ai réussi à suivre dans son intégralité. Et pour cause, impossible de dormir, je flippais trop. Le black qui ouvre la cage aux raptors au tout début. L'avocat Gennaro. Dennis Nedry. Le bras de M. Arnold. Robert Muldoon ("Oh ben nan, je l'aimais bien Robert")... Autant de morts tragiques qui ont réussi à me maintenir éveillé.
Ma mère aussi était venue le voir. Depuis que je suis né, ma mère n'est allée que deux fois au cinéma. Jurassic Park donc, et King Kong de Peter Jackson. Inconsciemment, ma mère kiffe les Tyrannosaures...

Outre les morts traumatisantes, la grande claque. La découverte de ce qu'était vraiment le cinéma, un rêve éveillé (selon Spielberg en tout cas). Je pense que le pire pour mes parents, mes grands-parents, mes oncles et mes tantes, c'est que ce film soit sorti en fin d'année, genre juste avant tu-sais-quoi... "Alors, tu veux quoi pour Noël?" Devine.
Grâce à Noël donc, et à mes bonnes notes (j'étais major en CP...), j'avais réussi à accumuler les figurines d'Alan Grant, Tim Murphy, Robert Muldoon (!!!) qui inexplicablement avait un bazooka, et même Denis Nedry (qui était beaucoup moins gros que dans le film...). Je les avais tous sauf Ellie Sattler (normal, une meuf quoi...). J'avais aussi la voiture Jungle Explorer (avec un lance-missile), un vélociraptor. Et le must... Le Tyrannosaurus Rex. Qui rugissait et faisait des bruits de pas... Enfin jusqu'à que j'en abuse et finisse par péter le mécanisme.

S'en suivit une période de fascination assez intense pour les dinosaures qui dura plusieurs mois. Je collectionnais les fiches de chez mon marchand de journaux. J'en dessinais par dizaines. J'étais incollable sur le sujet. Je mangeais des Dinosaurus de Lu. Et je voulais devenir comme Alan Grant, paléontologue.

Euh... Je viens de me rendre compte que c'était il y a 17 ans. Putain. Je vais pleurer en position fœtale dans mon lit, et je reviens.


Alors, après avoir passé les dix dernier jours à mater les trois films en VO, les scènes coupées et les making-of... Bien qu'ils soient tous excellents, les deux suites ont quand même du mal à égaler le premier, qui est juste, en toute subjectivité, un chef-d'œuvre.

Que ce soit sa manière de nous raconter une histoire, sa mise en scène, cette faculté qu'il a de nous tenir en haleine, de nous émouvoir, de nous en mettre plein la gueule, ses angles de prises de vue, ses mouvements de caméra, la place qu'il laisse aux jeux des acteurs pour ainsi nous faire aimer ses personnages... Tout ce qui fait de Steven Spielberg le plus grand entertainer de ces trente dernières années (loin devant n'importe qui), est dans ce film.
Même 17 ans après (ça me fait encore mal), du début à la fin, de la découverte du brachiosaure aux vélociraptors dans la cuisine... on passe encore de l'excitation à la peur (un peu moins maintenant), de l'ironie au spectaculaire, du rire aux larmes ("Oh putain, Robert est vraiment mort quoi..."). Sans doute parce que les effets spéciaux n'ont pas encore vieilli, que le casting reste magique, et que la mise en scène d'un Spielberg au meilleur de sa forme est encore unique.
En fait, la seule chose qui a changé, ce sont les dialogues, qu'on apprécie mieux à 23 ans qu'à 6. La scène du repas où ils débattent sur le parc, la théorie du chaos, le manège à puces de John Hammond... Quand j'étais petit, ces scènes m'ennuyaient à mourir, et surtout que j'y comprenais que dalle. Aujourd'hui, je les trouve passionnantes. Sinan, j'ai toujours cru qu'à la fin du film, Ellie avait un trou, genre cratère, dans l'épaule. Mais en fait non.

La suite, The Lost World, fait malheureusement un peu copier-coller. Avec une impression générale de moins bien. Genre Roland a pris la place de Robert. Les dialogues sont moins subtiles (la légende raconte que, faute de temps, ils ont été en grande partie improvisés...). Les personnages moins attachants. Malcolm, traumatisé par son séjour sur Isla Nublar, a perdu toute sa coolitude. Et puis il y a ce qu'il n'y avait pas dans le premier film, un boulet. La fille de Malcolm, qui, pour nous achever, nous gratifie de la scène la plus ridicule de la trilogie, et en plus elle est... non rien.
Bon évidemment, le film a quand même son lot de scènes spectaculaires, et il y a beaucoup plus de dinosaures... Mais ça fait un peu surenchère pour combler le scénario un peu faiblard. Et puis le coup du "Tiens y a une deuxième île" j'ai encore du mal à m'en remettre.
Dans les remarques inutiles que tu peux ressortir dans un conversation ou emporter dans ta tombe: Dans ce film, on y voit Vince Vaughn dans l'un de ses premiers rôles principaux, qui est ensuite parti rejoindre le Frat Pack. La fillette qui se fait attaquer par les compsognathus au tout début, c'est Camilla Belle, qu'on a pu voir dans le très mauvais 10 000, dans une pub Nespresso, qui a des sourcils bizarres, et qui sort maintenant avec un frère Jonas. Et la remarque la plus inutile mais dont je suis le plus fier, dans la scène où Malcolm prend le métro, on y voit Eli Roth (le réalisateur d'Hostel, le Bear Jew dans Inglorious Basterds...) lire le journal. Et ouais, et ouais.

Jurassic Park 3 est... meilleur que le 2 (non, pas de cailloux dans la gueule merci). Parce que niveau personnage, c'est mieux. Même si y a encore un boulet, Amanda Kirby. On pourrait penser qu'elle a les réactions d'une géraldine (le nom que donne Crocodile Dundee aux citadines...) de base, mais c'est quand même assez navrant. Heureusement, les autres personnages secondaires restent dignes dans la fuite. Niveau dinosaure, le Spinosaurus est quand même très classieux, et on a enfin droit à une scène de Ptérodactyles. Et puis il y a quand même Alan Grant, Dinosaur Man merde quoi putain.
Remarque inutile toujours: Dans le 3, les raptors ont des prémices de plumes sur la tête... ce qui vérifie bien l'hypothèse de Grant au début du 1, et qui a été confirmée dans la vraie vie depuis, qu'ils sont plus proches de l'oiseau que du reptile. Si tu brilles pas en société avec ça.


Pour conclure... "Mes 10 scènes préférées de la trilogie Jurassic Park."

10. Au début du premier film, quand Grant fait peur au ptit gros.
"(...) Il t'entaille ici... ou ici ! Il t'ouvre le ventre qui déverse tes intestins. Le pire c'est que tu es vivant lorsqu'il te dévore... alors essaie... de te montrer un peu respectueux."

9. La boucherie dans les hautes-herbes dans The Lost World.

8.
Les scènes d'hystérie d'Ellie Sattler. Quand elle sursaute et s'agrippe au grillage dans la remise. Puis, quand elle voit Alan une fois sortie de la remise, elle court puis le prend dans ses bras et ses jambes... Enfin je trouve ça lol quand même.

7.
Quand le Spinosaurus se bat contre le T-rex.

6.
Quand Malcolm explique la théorie du chaos dans la voiture de visite.
" (...)Voila. Regardez ça. Vous voyez ? J’ai encore raison. Personne n’aurait pu prévoir que le docteur Grant sortirait soudainement d’un véhicule en marche.
- Alan ? Alan ? (Sattler sortant de la voiture)
- Voila, un autre exemple. Vous voyez, maintenant je suis tout seul… euh…je parle tout seul. C’est ça la théorie du chaos."

5.
Toute la scène dans la volière du 3.

4.
Les deux raptors dans la cuisine.

3.
Muldoon l'a vu, devant lui. Il pose son chapeau, arme son fusil, vise et se prépare à tirer. La caméra filme son dos, elle se déplace lentement pour cadrer le buisson à sa gauche. Du buisson jaillit la tête d'un deuxième Vélociraptor à la respiration rauque. Le temps de dire "Petite futée", Robert se fait bouffer la tête.

2.
La découverte du Brachiosaure.

1.
Toutes les scènes du Tyrannosaurus dans le premier film. Pauvre chèvre. Pauvre voiture. Pauvre Gennaro. Pauvre Galliminus...

(Promis, les articles sur des trilogies qui datent d'il y a plus de 10 ans, j'en referais plus. Pardon.)


(L'envolée à 3:20, ça fout des frissons...)

lundi 6 décembre 2010

Scott Pilgrim Vs. The World.


(Ouais j'ai les mêmes chaussures, mais j'vais pas prétexter un article juste pour pouvoir le dire. Quoique...)

Jouer de la basse avec son groupe de rock, les Sex Bob-omb. Squatter l'appartement de son meilleur ami gay, Wallace. Passer un peu de temps avec Knives Chau, une lycéenne sino-hystérique qui lui sert de copine. Voilà en quoi se résume la vie de Scott Pilgrim, 23 ans, glandeur rêveur vivant à Toronto.

Jusqu'au jour où une mystérieuse inconnue aux cheveux roses entre dans sa vie. Dans ses rêves d'abord, puis au hasard de quelques rencontres, dans la vraie vie... Obsédé par "la fille de ses rêves" (un peu facile oui...), il se met en quête d'informations et apprend qu'elle s'appelle Ramona Flowers, qu'elle est livreuse pour Amazon, et qu'elle vient d'arriver à Toronto en provenance de New-York. De là, commence une douce romance qui sera vite interrompue par l'arrivée des Seven Evil Exes. Une ligue composée des ex-petits amis de Ramona que Scott devra vaincre s'il veut sortir avec elle...

Adaptation fidèle du comics indépendant de Bryan Lee O'Malley (l'information inutile que tu peux ressortir dans une conversation... ou emporter dans ta tombe), Scott Pilgrim fait partie de ces films déjantés, pratiquant l'humour absurde, audacieux dans la mise en scène... mais qui n'atteindront jamais les cimes du box-office... ceci expliquant cela, mais c'est quand même bien dommage.

Mixant tout ce que peut nous offrir la culture pop des 90's (les comics, les manga, le rock de garage, et les jeux vidéos période Super NES...), ce film inclassable brille surtout par sa forme. La soundtrack assez bandante y est pour beaucoup (Beck, Metric, T-Rex, Blood Red Shoes, la musique de Zelda...). Le film est d'ailleurs conçu comme un jeu vidéo, entre plate-forme, beat'em all, et baston, le héros ayant la possibilité d'acquérir des level up, d'utiliser des combos et des armes en tout genre et devant faire preuve d'ingéniosité pour vaincre ses adversaires...
Tout au long du film, Edgar Wright, multiplie les trouvailles visuelles (les onomatopées par exemple) afin d'exploiter pleinement l'univers du comics, et allant même jusqu'à le transcender. Le tout sans négliger le fond. Bien que simpliste, l'histoire d'amour entre Scott et Ramona est d'une sincérité assez touchante. La dégaine d'ahuri de Michael Cera aide pas mal quand même... Et la galerie des personnages secondaires, de l'entourage de Scott aux sept ex-petits amis, tous aussi barrés, permet de rythmer le film avec des répliques qui fusent. L'humour est très proche de celui des manga. Très visuel, absurde, fait de non-sens... enfin faut aimer quoi.

Scott Pilgrim vs The World est donc juste ce qu'il prétend être. Un film visuellement fun. Un hommage aux 90's. À nos rêves adolescents. Une histoire totalement délirante pour peu qu'on accepte de s'y perdre...

Le film est aussi l'occasion de revoir l'ange de Metropolis version Bryan Singer, le joli Brandon Routh, qui avait un peu disparu de la circulation et qui joue là un ex végétarien possédant des pouvoirs télépathiques... Hum.


mercredi 24 novembre 2010

Hermione Granger & The Deathly Hallows (Part 1).


Parce que l'autisme n'est pas une fatalité. Parce qu'au-delà de leur peau crade, leur rire idiot et leur mèche de gouine, les adolescents sont des êtres inoffensifs. Cet après-midi, j'ai surmonté ma peur (comme Daredevil) et les ai affrontés par centaine pour aller voir le septième opus des aventures d'Hermione Granger.

Le film débute avec une scène très émouvante.
Hermione est dans sa chambre. Sa mère moldue l'appelle pour venir manger. Elle descend les escaliers, ses parents sont dans le salon. Ils ont le dos tourné. Elle les regarde pour la dernière fois avec tristesse, consciente des heures sombres qui l'attendent. Puis, pour les protéger de la perte d'un être cher, elle leur jette un sort d'amnésie et s'efface de leur mémoire... Là, je me dis que putain le film commence fort, mon mascara va jamais tenir.

Bon, l'intrigue en deux mots, genre tu la connais pas, genre t'as pas lu les bouquins, genre Hermione Granger t'indiffère, genre t'as quand même envie de lire mon article...
Depuis la mort de Dumbledore, c'est pas vraiment la fête à Poudlard. Mais plutôt le chaos, le totalitarisme, le deuil et la paranoïa (ambiance installée dès la scène pré-générique de la réunion chez les Malefoy). Dans ce contexte, et en perpétuelle fuite, Hermione et ses deux meilleurs amis (un binoclard et un roukmoute) partent à la recherche des Horcruxes renfermant les fragments d'âme de Voldemort afin de les détruire.

Bon comme on pouvait s'y attendre, c'est pas dans ce film là que tout va péter. Les scènes de bravoure sont rares, l'intrigue étant concentrée sur la fuite dans les paysages magnifiques d'Albion et sur la recherche des indices menant aux Horcruxes. Du coup, le rythme est plutôt lent mais sans jamais être ennuyeux. Parce que tout l'intérêt du film réside dans sa lenteur (qui découle du fait que le film soit en deux parties). Pour la première fois, un film de la saga prend son temps, et s'attarde donc sur ce que les précédents films survolaient, l'émotion.
Les deux précédents opus donnaient l'impression d'une succession de faits. Sans avoir une dimension émotionnelle autre que le plaisir qu'on avait à retrouver les personnages. La mort de Sirius Black et pire, celle de Dumbledore, étaient expédiés en deux-deux. Ici, c'est mieux donc. David Yates prend le temps de s'attarder sur la relation entre les trois héros (qui est quand même l'un des principaux intérêts des bouquins). Une relation de fraternité, d'amour et de jalousie qui, même si on y est habitué, prend une autre dimension et devient réellement attachante et touchante.
Une autre scène que j'ai trouvé magnifique. Sous la tente, suite au départ de Ron. Voyant qu'Hermione est triste, Harry lui tend la main, et l'invite à danser (mal) sur une chanson de Nick Cave & The Bad Seeds, O Children. Un moment de douceur et de légèreté totalement inattendu. Joli. Aérien.


Évidemment, ces scènes sont réussies parce que les trois acteurs ont enfin de quoi briller tous ensembles. Rupert Grint a enfin l'occasion de faire autre chose que des grimaces. Daniel Radcliffe est plus naturel et moins constipé. Et Emma Watson continue d'illuminer chaque plan où elle apparaît (dans différentes tenues qui enfin lui siéent à ravir), même si son talent est confirmé depuis le début de la saga. Et puis, elle vire au passage Zhang Ziyi de la troisième place de mon Top 10. Les rôles secondaires, comme d'habitude, restent excellents (Ralph Fiennes, Helena Bonham Carter, Bill Nighy...).

Sinan, malgré l'ambiance sombre du film, l'humour par petite touche et avec un sens du timing parfait reste (heureusement) présent. Les scènes poétiques aussi (L'histoire des Trois Frères et la Mort). Les quelques scènes d'action (les 8 Harry, l'évasion du ministère, Dobby en mode "nique-sa-mère"...) nous tiennent en haleine mais sans plus. Elles servent juste de mise en bouche. Nous rappellent que ce film n'est qu'un prélude. Que se jeter à corps perdu dans la bataille, c'est pas pour tout de suite.
La première partie a pris le temps de préparer le terrain, le final risque donc d'être épique. Mais ce sera pas avant le 13 juillet. Aaaaargh...

(Sinan, cherche pas à rester jusqu'à la fin du générique, y a pas la B.A de la suite...)


dimanche 10 octobre 2010

Des Piranhas et des Hommes.

L'autre soir, en dévorant amoureusement mes morceaux de poulet panés au KFC, je me suis rendu compte que j'avais oublié de vous parler de cette grosse boucherie qu'est Piranha 3D. À cause de Batman, et du déménagement... j'y pensais plus, jusqu'au moment où je me suis retrouvé en face de mon seau de poulets donc. Et puis j'me suis dit que comme mon blog manquait un peu de poésie en ce moment, parlons poisson, avec un mois de retard...


Bon, inutile de trop s'attarder sur l'histoire. Vous prenez des étudiants débiles, une shérif, ses gosses, le Doc de
Back To The Future, les jolies jambes de Jessica Szohr, quelques biologistes marins, Carlos Solis, un black de service, des filles riches en silicone, un réalisateur porno et ses actrices... vous mettez le tout dans un lac grouillant de piranhas préhistoriques qui crèvent la dalle, et vous attendez que le lac devienne rouge.


C'est le film le plus gore que j'ai jamais vu (bon en même temps, j'en ai pas vu beaucoup...) et aussi l'un des plus fun de cette année. Grâce à sa scène mémorable du ballet aquatique ("Colle ton cul contre la vitre!!"), son final jouissif, ses nombreuses répliques cultes ("Filme-la cette pouf volante!!")... Mais surtout grâce à cette immense boucherie que sont les quarante dernières minutes du film. Quarante minutes de corps mutilés, de chair déchiquetée, de cris de panique, de sang giclé, de prothèses mammaires éclatées, de cadavres flottant, de visages apeurés... Mais surtout, quarante minutes d'une inventivité folle, entre effet comique et envie de vomir, où comment tuer une centaine de personnes sans que ça devienne rébarbatif. Et c'est là où le film d'Alexandre Aja est tout simplement génial.

Du coup, gros spoilers avec le classement de...
Mes 5 Morts Préférées dans Piranha 3D.

5. Le présentateur du concours de tee-shirts mouillés.
Durant l'attaque des piranhas, c'est la panique, les plus chanceux se trouvent sur un bateau ou au bord du lac, le reste cherche désespérément à sortir de l'eau, en grimpant sur n'importe quel objet flottant. Le personnage d'Eli Roth, pas de chance, est dans l'eau. Il nage alors vers le bateau le plus proche, et supplie une meuf de l'aider à grimper "Sors-moi de là, grosse conne!". Tout en essayant de monter, il surveille ses arrières. C'est là, qu'il voit un bateau lui foncer dessus à pleine vitesse. La collision entre les deux bateaux est inévitable, lui est au milieu. Paf, tête explosée. La "grosse conne" se prend une bonne giclé de cervelle.

4. Danni Arslow.
La mort la plus dramatique. Le personnage de Kelly Brook. L'actrice porno au grand cœur. Alors que le bateau de l'équipe de tournage est en train de couler, elle tente de rejoindre celui de la shérif en essayant de franchir la corde qui les relie. Alors qu'elle fait ça magnifiquement comme si c'était une barre de pole dance, son poids affaisse la corde et la rapproche un peu plus du niveau de l'eau. Les piranhas finissent par l'atteindre, petit à petit. Ils mordent son dos, d'abord, puis s'accrochent à ses cheveux. En se débattant, elle finie un peu par lâcher prise. Ils se ruent sur elle. Et dans un ultime gros plan où on la voit crier "Aidez-moiii!!" avec un piranha accroché à son œil gauche, elle finit par tomber à l'eau. "Oh ben nan, je l'aimais bien elle..."

3. Alors que tout le monde essaye de sortir de l'eau, deux mecs portent secours à une meuf en essayant de la porter jusqu'à la plage. L'un la tient par les épaules, l'autre par les jambes. Dans cet acte plein de générosité et d'altruisme, le mec qui tient les jambes trébuche. Et crac. Bon le mieux c'est quand même de le voir en image... Enjoy.

2. Derrick Jones, le réalisateur porno.
Le gros con du film, c'est lui. Les répliques cultes, c'est aussi lui. Du coup, la mort la plus atroce, c'est pour lui. Quand son bateau heurte violemment un rocher, Derrick tombe à l'eau avec Crystal (inutile de préciser le métier de la demoiselle). Cette dernière se fait bouffer de l'intérieur. Lui, au bout de quelques secondes interminables, arrive quand même à regrimper sur le bateau avec l'aide de Danni. Mais en quelques secondes, les poissons l'ont bien entamé. De quoi placer sa réplique culte "Jake... Jake... Aide-moi... Huh... Ils m'ont bouffé la bite!..." Le temps pour la caméra de faire un plan large sur son corps. De ses jambes, il ne reste plus que les os, et quelques bouts de chair qui pendouillent. Sa bite, évidemment, n'est plus là. Ils finissent par le recouvrir d'un drap et le laissent se vider de son sang.
Quelques minutes plus tard, pour aller sauver Jessica Szohr restée coincée à l'intérieur du bateau qui coule, Jake (le fils de la shérif, le héros), a besoin d'une diversion pour occuper les piranhas quelques minutes. Du coup, ben prenons Derrick. Alors qu'il s'apprête à jeter le cadavre à l'eau, ce dernier s'agrippe à son bras. Il le regarde dans les yeux, et dans son dernier souffle, il lui dit "N... n-nichons!..." et finit par se faire jeter du bateau.

1. Durant le massacre, Cody, étudiant débile, est un peu égoïste. Il saute sur un ptit bateau à moteur, balance le propriétaire à l'eau, et décide de fuir le carnage. Malheureusement, le lac grouille d'humains agonisants. Mais Cody s'en fout, il fonce. Et défonce tout le monde sur une cinquantaine de mètres. Les gens tentent de s'agripper à son bateau, et finissent par le ralentir. Soudain le bateau est à l'arrêt. Cody essaye désespérément de rallumer le moteur. Une fille gueule comme une truie. Ses cheveux se sont emmêler dans l'hélice. On sait pas si Cody la voit, mais il s'en fout. Il tire inlassablement sur le lanceur du moteur. La fille continue de gueuler. Des gens essayent de l'aider, rien à faire. Tu te dis que ça va faire super mal. Que la tête va partir. Tu t'y prépares...
Au bout d'une interminable minute, le moteur redémarre enfin. L'hélice tournoie à nouveau. Emportant les cheveux de la fille. Le cuir chevelu. Et avec l'effet de surprise qui va avec, toute la peau de son visage... Aïe.

Bon... la fréquentation de mon blog étant en chute libre, concluons par une photo de Kelly Brook...

mercredi 8 septembre 2010

"Il deviendra le plus grand justicier que le monde n'ait jamais connu..."

J'aurais pu vous pondre une liste, un classement d'une de mes obsessions. Faire dans le narcissisme et m'autocongratuler longuement. Ou encore remercier ma poignée de lecteurs fidèles et les 2-3 blaireaux qui viennent se perdre ici... Mais finalement, après quelques jours de réflexion, j'ai décidé de Lui consacrer mon centième article.
Le seul homme que j'ai jamais aimé. Mon ancien mot de passe facebook. Mon nom dans Football Manager. Un symbole de la culture populaire. L'emblème de DC Comics. Le chevalier de la nuit. Un fantasme... Batman.


Comme pour lui, c'est dans un cinéma que tout a commencé.
Ce n'était pas la première fois que je le voyais, mais c'est mon plus vieux souvenir. Ma première confrontation avec le mythe. Batman, Le Défi de Tim Burton. Je devais avoir 4 ou 5 ans. C'était un de mes premiers films au cinéma. Peut-être même le premier. Ça ou Tortue Ninja, chais plus.
J'aurais aimé pouvoir vous raconter cette rencontre comme un moment historique, mémorable. Que c'était un de ces instants banals qui finissent par devenir merveilleux, parce que c'est là que tout a commencé. Une rencontre. Une découverte. Une illumination. Comme le jour où j'ai découvert Kirsten Dunst (Vas-y, elle est trop bonne dans Jumanji). Le premier truc débile que j'ai dit à Nolwenn. Le jour où Flo m'a dit qu'il lisait des comics. Le jour où Penny m'a demandé de lui en passer. Mon premier paquet de Yum-Yum. Le jour où, perdu, j'me suis assis à coté de Siham. La première fois que j'ai vu un Stormtrooper. Ou encore, mon premier California saumon-avocat...
J'aurais aimé vous dire que mon obsession a commencé ce jour-là. Pouvoir vous décrire le frisson qui m'a parcouru. Vous dire que voir cette chauve-souris plaquée sur ce torse musclé a changé ma vie à tout jamais... Mais le seul souvenir que j'ai de ce film, c'est mes parents me réveillant pendant le générique de fin. J'ai dormi pratiquement toute la séance. Un rendez-vous manqué...

Et puis il revint dans ma vie quelques années plus tard avec la géniale série animée de Bruce Timm et Paul Dini. Du haut de mes 9 ans, je sortais d'une période très violente ("Bon... là j'vais te faire un Kaméha... mais d'abord je demande à la Terre de me donner sa force... Nan mais si tu veux, tu meurs pas, tu perds juste un bras... ça te va?"), et je commençais à acheter mes premiers comics.
Une ambiance sombre. Une batmobile que je me suis empressé d'avoir pour mon anniversaire. Un générique culte. Une excellente qualité d'animation. De bonnes histoires Et surtout, des épisodes riches en destins tragiques. À rendre un môme dépressif (ceci doit expliquer cela). J'en ai bouffé des pertes de l'être aimé, des troubles de la personnalité, des transformations inhumaines, de la solitude, du désespoir et de la folie... Et lui, il était là. Une silhouette massive surgissant des endroits les plus obscurs. À mon âge, tout ce que je retenais c'était ce héros multimilliardaire qui, la nuit, dans sa burqa infiniment cool, pétait la gueule à qui il voulait avec une efficacité redoutable. Puis qui disparaissait dans l'ombre. Difficile de ne pas trouver ça génial quand on a à peine 10 ans.
Au final, j'ai découvert Batman, Gotham City, Alfred, le Joker... comme l'essentiel de ma génération, de la manière la plus banale qui soit. En prenant mon goûter devant la télé. Sauf que je lisais des comics. Et que l'héroïsme en justaucorps, c'était mon truc. Du coup, j'étais encore plus fasciné. Et plus longuement aussi. Beaucoup plus longuement...

Mais en même temps que la passion vint la frustration. À cette époque, seuls les comics Marvel étaient publiés en France. Batman et les personnages DC Comics en général, étaient quasi-inexistants. Les années qui suivirent, j'ai dû me contenter des épisodes de Batman Beyond et de Justice League pour entretenir une fascination qui s'éteignait peu à peu. Sa mort cinématographique n'aidait pas. Et au profit des X-Men, Avengers et autre Spiderman, Batman sombra inévitablement dans l'oubli... Jusqu'en 2005.


C'était en janvier, par une rugueuse journée d'hiver, je me rendais à la médiathèque pour mes "explorations musicales". Trainant dans le coin BD après avoir trouvé mes cinq nouveaux amis de la semaine, c'est là que je le vis. La couverture déchiquetée, des pages imbibées de café, d'autres qui se barraient... Batman: The Dark Knight Returns de Frank Miller.
Savourée en trois jours, la meilleure histoire que j'ai jamais lue. Le chef-d'œuvre. Des dessins et une colorisation pas irréprochables, mais une écriture et une narration parfaites. Et que dire du traitement du personnage... À presque 18 ans, je redécouvrais Batman. Plus sombre et pessimiste, avec une personnalité beaucoup plus complexe. Une redécouverte du mythe. Et aussi le début de ma batmanophilie. Que la sortie de Batman Begins la même année, et la publication tant attendue de comics DC en France n'aideront pas...

C'est ainsi que depuis cinq ans, il squatte mes étagères de comics. En plus des périodiques en kiosques, les rééditions de graphic novels pleuvent en librairies. Year One, R.I.P, The Killing Joke, Arkham Asylum, The Long Halloween, War Game, The Dark Knight Returns. Des histoires épiques, entre grands moments d'héroïsme et tragédies. Pour mon plus grand bonheur. Sans parler du film désormais culte The Dark Knight sorti en 2008.

Et puisqu'il fallait bien en choisir un, Batman devint mon personnage de comics préféré.



Mais pourquoi lui ?

Comment vous l'expliquer sans passer pour un gamin de quatre ans... Batman, c'est le plus fort. (raté...)

Pour de multiples raisons, il est indéniablement cool. Ses multiples gadgets, sa batmobile, sa batcave... mais surtout, son apparence. Une silhouette sombre et massive, aux oreilles aiguisées. Invisible et inquiétante dans les recoins obscurs ou effrayante et majestueuse lorsqu'elle déploie ses ailes. Une créature de la nuit, inspirant la peur chez les criminels les plus lâches, qui se balade d'ombre en ombre. Devenant une légende urbaine. Visuellement, le personnage est magnifique.

Ne possédant aucun pouvoir, il a passé des années à développer ses facultés physiques et intellectuelles pour atteindre une sorte de perfection. Il maitrise toutes les formes de combats possibles et sait manier toutes les armes existantes. Polymathe, il est expert en criminologie, chimie, médecine légale et possède la mémoire absolue. Combattant ultime. Détective de génie. Dans l'univers DC, il est un peu à Ulysse ce que Superman est à Hercule. Redoutable stratège, chacun de ses combats est maitrisé, tous ses coups sont calculés. Grâce à son intelligence et sa capacité à anticiper l'adversaire, il peut battre n'importe qui. Même Superman. Ça, c'est le côté fun.


En fait, il y a chez Batman quelque chose de dérangeant. Multimilliardaire, surdoué, condition physique parfaite. Même s'il ne possède pas de pouvoir, on se rend compte que c'est le personnage auquel on peut le moins s'identifier. Le moins humain. Et sa personnalité complexe nous en éloigne encore plus, mais le rend encore plus passionnant.
Justicier obnubilé par une vengeance personnelle, et donc égoïste. Chevalier lancé dans une croisade sans fin. Héros paranoïaque au bord de la folie. Enfant traumatisé qui pleure éternellement l'assassinat de ses parents. Ses multiples personnalités donnent au personnage toute sa dimension dramatique. Sa psychologie est en fait assez proche de celle de ses ennemis. Joker, Two-Face, Mister Freeze, Scarecrow, Penguin, Sphinx, Clayface... Quand ils ne sont pas pris de mégalomanie compulsive, la plupart de ses ennemis sont des êtres seuls, à la mentalité fragile, ayant basculé dans la folie à la suite d'un traumatisme. Comme Batman, finalement.


En plus de soixante-dix ans d'existence, son univers s'est considérablement enrichi. Et a donné lieu à une ville, Gotham City, et à des personnages tout aussi cultes: Joker, Two-Face, le commissaire Gordon, Catwoman et Dick Grayson, pour ne citer, subjectivement, que les meilleurs.

De plus il y a aussi chez le personnage de Batman cette capacité à inspirer les plus grands auteurs de comics (Frank Miller, Alan Moore, Jeph Loeb, Grant Morrison, Neil Gaiman...), de grands illustrateurs (Jim Lee, Neal Adams, Frank Quitely, Dave McKean, Adam Kubert, Brian Bolland...), mais aussi de grands réalisateurs (Tim Burton et Christopher Nolan... ouais, nan, pas Schumacher). Ce qui pour un fan, est juste badass.


Tout ça pour vous dire que Batman et moi, c'est pas une histoire de coup de foudre. Une passion nous consumant dès le premier regard. Ni un plan cul. C'est juste une longue histoire de presque 20 ans passés à se tourner autour. À apprendre à le connaitre (putain je raconte n'importe quoi là...). C'est aussi une histoire de fascination. Entre un enfant et l'un des plus grands personnages jamais imaginés. Parce qu'en grandissant, j'ai gardé cette capacité à m'émerveiller devant l'imaginaire, à y croire, et à m'en émouvoir... Han, Batman je t'aime.

mardi 3 août 2010

Inception.


Mes journées étant aussi intéressantes qu'un Flanby pourrissant en gériatrie et se résumant à d'interminables parties d'Heroclix, parlons de ce nouvel orgasme cinématographique qui s'empare du monde depuis quelques semaines, ma nouvelle obsession geekienne, le nouveau film de Christopher "Batman savior" Nolan (avec du spoiler, parce qu'au bout de 2 semaines quand même...).

Le personnage principal, Dom Cobb a, à première vue, le boulot le plus cool du monde (après dessinateur de comics et Maître du monde, sans doute). Expert en extraction, il s'introduit dans les songes d'une personne afin d'extraire une idée, une information, enfouie dans le subconscient de ladite personne. Talent très courtisé dans le milieu de l'espionnage industriel, il travaille pour de grandes multinationales. Mais cet art l'a aussi globalement foutu dans la merde.
De sa vie de famille, il ne lui reste que des souvenirs douloureux, et des regrets. Traqué par ses anciens employeurs dans le monde entier, dans l'impossibilité de retourner aux États-Unis, le ptit Domy va se voir offrir une dernière chance de retrouver son ancienne vie. Sa mission est cette fois différente. Au lieu de subtiliser une idée d'un rêve, il va devoir l'implanter. Une inception quoi.


Faute d'homme habillé en chauve-souris, je ne peux clamer que c'est le meilleur film que j'ai jamais vu. Mais il rentre facile dans mon classement que je n'ai, pour l'instant, jamais eu le courage d'établir, sous peine de dépasser les frontières de l'autisme. Une vraie claque dans la gueule qui n'arrive que trop rarement au cinéma.

Ce film est magnifique. En plus de partir d'un concept génial, ce que beaucoup de films font, Inception arrive à l'exploiter pleinement sans basculer dans le n'importe quoi, ce que peu de films arrivent à faire. Nolan maitrise parfaitement son sujet, parvenant à nous captiver durant deux heures et demi, avec un scénario assez complexe aux enjeux et aux pistes multiples, sans jamais nous perdre, pour peu qu'on suive un minimum.
De plus, en cette période estivale où tout n'est qu'adaptation, suite, ou remake, un scénario original arrive un peu comme le nouveau messie. D'autant que pour la première fois, Christopher Nolan réalise un scénario qu'il a entièrement imaginé et écrit seul (ce qui explique peut-être la cohérence, le fait d'avoir une vision unique).

Dans les grandes lignes, l'histoire suit le schéma classique du film de braquage: Recrutement d'une équipe avec une novice pour assurer les parties explicatives, mise en place d'un plan d'action, et enfin, braquage avec son lot d'imprévus.
Parce qu'au final, Nolan a juste fait un film de casse, mais avec un nouveau (et putain d'ingénieux) concept, un nouveau contour qui lui permet de multiplier les trouvailles scénaristiques. Et d'y créer un ensemble de techniques et de codes (en vrac: le totem, la décharge, l'architecte, les lymbes...) qui donnent toute sa singularité au film.

Ici, le contexte du rêve n'est pas exploité de manière vraiment visuelle. Malgré quelques scènes impressionnantes qu'on prend en pleine gueule, l'émerveillement est à chercher ailleurs. On n'est pas à Wonderland, les rêves sont structurés, crédibles, situés dans des lieux "réels", afin de mieux confondre les personnages, mais aussi le spectateur, entre le rêve et la réalité. Comment savoir qu'on est dans un rêve quand on y trouve les repères du monde réel? Il est alors plus facile de s'y perdre si on croit être dans la réalité. On se laisse manipuler avec plaisir, et c'est là tout l'intérêt du film.
Autre idée géniale, le principe des niveaux de rêve. Le rêve dans le rêve, en incluant la notion du temps. L'idée est simple, mais très bien utilisé pour varier les scènes d'action, multiplier les enjeux et surtout entretenir plusieurs suspenses à la fois.
La manipulation de l'esprit, le mensonge, l'illusion, la nature de la réalité... sont un peu les obsessions de Nolan, puisqu'il en parle dans tous ses films. Son autre sujet de prédilection étant la perte de l'être aimé. Ici, Mal, la femme de Cobb. Au début, j'me suis dit que c'était une intrigue romantique secondaire, que ça allait plomber le film, le ralentir. Mais la relation entre Dom et sa femme perdue prend de plus en plus d'importance, et leur histoire dévoilée en parcimonie se révèle vraiment passionnante jusqu'à la fin.

Côté réalisation, Nolan confirme son évolution visible entre les deux Batman. Nolan apprend, s'améliore, retient ses erreurs, l'anti-Michael Bay. Il arrive à maintenir un vrai rythme durant tout le film, sans réel temps mort, et le tout sans faire d'esbroufe. Dès le début du film, au lieu de nous expliquer le principe, la théorie, Nolan nous plonge directement dans la pratique, dans l'extraction. On est direct en alerte, suit les premières scènes avec attention, en se disant que si on a pas compris le début, c'est mort. Une bonne façon d'allumer assez vite notre cerveau.
Dans Batman Begins, filmer les scènes d'action étaient la principale faiblesse de Nolan. Du cut et recut qui donnaient des scènes illisibles. Avec The Dark Knight, il s'est considérablement amélioré, avec des plans plus clairs et plus fluides. Dans Inception, la scène de Arthur en apesanteur dans l'hôtel est juste merveilleuse. La fusillade dans les montagnes, à défaut d'être vraiment innovante, reste correcte. L'intérêt du film n'est pas dans les scènes d'action, évidemment, mais bon, c'est toujours mieux de bien les filmer.


Le casting est très bon. DiCaprio ne force pas son talent, le film ne s'y prête pas vraiment. Les seconds rôles sont excellents, des vraies gueules, Joseph Gordon-Levitt qui explose enfin au cinéma, et quelques habitués de chez Nolan (Caine, Watanabe et Murphy, tous vus dans Batman) mais pas de Christian Bale. Un bémol à Cotillard qui mériterait bien un "Gérard de l'acteur que c'est pas qu'on l'aime pas, mais on en a un peu marre de voir sa gueule partout". Et une pensée pour Ellen Page, dont la croissance s'est arrêtée à 13 ans. Dur.

Et puis vient la fin. Une fin ouverte. La toupie. Cette putain de toupie. Depuis presque un mois, la planète est divisée en trois catégories de personnes. Ceux qui disent qu'elle continue de tourner, que Dom est dans un rêve. Ceux qui disent qu'elle finie par tomber, que Dom est dans la réalité. Et les gens normaux, qui s'en foutent. En proposant plus qu'un fin ouverte, Nolan manipule le spectateur avec un film entièrement ouvert à toutes les interprétations possibles. Le film fourmille de détails (qu'évidemment j'ai pas vu) amenant au final plus d'interrogations que de réponses. Mais bon, si on fait bien gaffe. Vraiment gaffe. Il existe quand même une vraie fin.

Des fois, je me contenterais bien de juste dire qu'un film est "Vraiment énorme". Mais ce serait la fin de mon blog.



jeudi 22 juillet 2010

Confessions Intimes.

"Nan mais vas-y j'veux pas voir ça ici, tu le vires de là!
- Bordel!! touche pas à l'Anti-Monitor comme ça!! Il est fragile oh!
- Mais il est immonde!! J'en veux pas sur la table à manger... Mets-le dans ta pièce!"

" Attends... T'as acheté deux comics, les mêmes, juste parce que les couvertures sont différentes?
- Ben oui, mais attend, c'est deux éditions différentes...
- Nan mais... c'est la même histoire nan?
- ..."

"On fait plus rien ensemble... Regarde-toi, t'es toujours allongé sur ton canapé à lire tes conneries..."

À 34 ans, Alexandre ne vit que pour sa passion, les super-héros.
Depuis son enfance, Alexandre amasse et collectionne tout ce qui se rapporte aux héros de son enfance, comics, figurines, films et y consacre tout son temps libre. Chez lui, de la chambre jusqu'au salon, toute la décoration est entièrement dédiée à Spiderman, Batman et autre Superman. Il a même aménagé une pièce spéciale consacrée à sa collection qu'il appelle sa Forteresse de Solitude.

"Bon là, j'en ai plastifié quelques-uns... Celui-ci par exemple, c'est une édition limitée de Captain America vol. 5 n° 25 où celui-ci meurt... temporairement. Sinan là, c'est une statuette de Batman en résine, designée par Mazzucchelli... Oh et là c'est un casque d'Iron Man qui parle quand on appuie ici..."

Aujourd'hui, Alexandre a en sa possession plus de 50 000 comics et des centaines d'objets de collection pour lesquels il dépense sans compter.
Seulement voilà, Alexandre partage sa vie avec Marie-Joséphine, sa compagne et leur fils de 4 ans, Thor. Et cela pose problème, car le comportement obsessionnel de son mari à l'égard des super-héros, Marie-Joséphine en a assez.

"Ses comics, c'est ses bébés, il passe tout son temps avec, c'est sa vie quoi, il en a mis partout chez nous, il vit avec... Moi et son fils, il voit pas, on est pas là, il voit que ses super-héros, pour lui y a que ça... J'aimerais qu'il soit avec moi, qu'il passe du temps avec moi, avec nous, qu'il élève notre fils... qu'il m'aide, que je sois pas toute seule..."


Pourtant, entre Alexandre et MJ, comme il aime l'appeler, ça n'a pas toujours été comme ça. Il y a 6 ans, ils se rencontrent dans une librairie BD alors qu'elle n'est encore qu'étudiante. Le coup de foudre est immédiat et les deux jeunes gens deviennent inséparables.
Tout va alors très vite. À la fin des études de Marie-Joséphine, ils s'installent ensembles dans la ville natale de la jeune fille. Thor nait un an plus tard. Et le couple se marie la même année.
Durant les premières années de leur relation, Marie-Joséphine s'accommode de la passion de son compagnon. Mais, quelques mois après la naissance de Thor, cette passion se transforme en réelle obsession pour le jeune homme, et prend de plus en plus de place au sein du couple, quitte à envahir leur appartement. Après le travail, et durant les weekends, Alexandre préfère s'isoler dans sa "forteresse", lire ses bande-dessinées, discuter sur des forums avec des passionnés, comme lui... délaissant un peu plus Marie-Joséphine et Thor. Une indifférence qu'elle a de plus en plus de mal à vivre. La situation du couple s'est aggravée au fil des mois. Et il n'a pas l'air de s'en rendre compte.

"C'est vrai que j'aime bien rester dans cette pièce. Je m'y sens bien. Dans mon monde imaginaire. C'est un peu une bulle spatio-temporelle. Coupée de tout. Disons que les problèmes des super-héros m'aident à relativiser les miens... Les obligations de la vie normale tout ça...
Oui, bien sur que j'ai conscience d'être un peu absent. Mais je fais du mal à personne... MJ? Oui, oui bien sûr que je l'aime... Après, j'aimerais qu'elle comprenne ça aussi..."

Alexandre sait que son comportement peut parfois agacer, mais n'a pas vraiment l'intention de faire d'effort. Il n'a pas vraiment conscience du mal qu'il fait à son entourage et que cela peut mettre en péril son couple. Ou même, qu'il est peut-être déjà trop tard.


Ce soir là, Alexandre rentre avec une nouvelle acquisition, trouvée dans une librairie spécialisée. Et comme d'habitude, cela devient l'objet d'une nouvelle dispute...


"Ah nan... Aaaah nan. Alors là, j'te le dis tout de suite, tu mets pas ça dans notre chambre!
- Mais arrête! c'est un dessin d'Emma Frost, il est magnifique...
- Mais j'veux pas d'une actrice porno à moitié à poils là où je dors bordel, c'est pas une chambre d'ado ici!
- Calme-toi, c'est qu'un dessin...

- Et puis tu veux le mettre où? Tu vois bien que y a de la place nulle part.
- Ben attends, je vais enlever ça...
- Notre photo de mariage?!! Putain... mais t'es vraiment qu'un gros con!
- ... Roooh arrête, je déconnais MJ...
- Vas-y laisse moi... Nan mais, tu te rends pas compte... ça fait des mois que tu vis dans ta bulle... Chuis quoi pour toi? Hein? Ta vie de famille, Thor, t'en fais quoi?!... T'as qu'à l'épouser ta trainée."

Au bout d'une heure, et un dessin qui finit finalement dans sa "forteresse", Marie-Joséphine parvient à se calmer. Non sans mal.

"Nan, je sais que s'il pouvait l'enlever, il l'aurait fait. Ça représente plus rien pour lui. Je sais que c'est qu'un tableau mais même... Et puis, je me sens un peu mal avec ces personnages féminins qu'on trouve dans les comics. Leur plastique parfaite et leur corps de rêve ... Je sais pas... C'est con mais je me dis que ça doit être ça son idéal féminin. Et ça me complexe. Peut-être qu'il aimerait que je sois comme elles..."


Le lendemain soir, pour faire plaisir à sa compagne, Alexandre décide de passer un peu plus de temps avec elle et l'invite au restaurant. Cependant, alors que le diner semble se passer paisiblement, un sujet revient vite dans la conversation. La passion d'Alexandre.

"T'as conscience de ce que t'es en train de faire?... T'es en train de tout foutre en l'air là...
- ...
- C'est moi ta vie, c'est Thor. Tu le vois même pas grandir... Tu réalises que des fois, je mange toute seule avec lui parce que tu restes enfermé dans ta pièce?... Franchement, j'ai l'impression que c'est pas un mari que j'ai, c'est un deuxième gosse, que je dois élevé toute seule. Un autiste en plus.
- Nan mais m'engueule pas, ce soir, j'suis là nan?
- Ça doit être... la troisième fois en 2 ans. On fait plus rien ensemble. On voit plus personne... Parce que soit-disant, t'es trop crevé pour sortir et que tu préfères resté sur ton PC.
- T'exagères... et l'avant-première d'Avengers 3...?
- C'était y a 6 mois. Et je t'ai accompagné pour te faire plaisir. T'as pas vu que je me faisais chier? Évidemment que non, t'as rien vu... Tu faisais le débile dans ton costume à la con...
- Captain America...
- Et toi, tu fais quoi pour me faire plaisir hein? T'en branles même pas une à la maison... Je t'assure, j'en ai plus que là. C'est d'un compagnon dont j'ai besoin, pas d'un gamin attardé... Un jour, je vais partir, tu vas rien comprendre. Grandis un peu..."

La soirée s'achève dans une atmosphère tendue. Marie-Joséphine a mis Alexandre face à ses responsabilités, mais reste en proie au doute.

"Je sais pas s'il va réagir. Je sais même pas s'il en est capable... Je sais pas... je sais plus rien..."


Le lendemain, alors qu'il sort du bureau un peu plus tôt que d'habitude, Alexandre ne rentre pas directement chez lui. Il se rend dans un Comics Shop dans lequel il a l'habitude d'aller au moins deux fois par semaine. Il connait l'endroit par cœur. C'est comme sa deuxième maison. "Salut, ça va... Alors y a des nouveautés cette semaine?..."
Au bout de 2 heures, Alexandre en ressort, les mains pleines.

"Ben comme d'habitude, des comics en VO... Pas mal de VF aussi. Et ça, c'est la réplique officielle d'un shuriken en forme de chauve-souris que Christian Bale utilise dans Batman Begins... Par contre va falloir la jouer profil bas en rentrant, je sens qu'elle va gueuler hin hin..."

Et Alexandre n'est pas au bout de ces peines. Arrivé chez lui, Marie-Joséphine est au bord de la rupture.

"Salut?... Ça va pas?
- Putain nan ça va pas!... Tu vois pas qu'il y a quelque chose qui manque là?!... Quelqu'un?...
- ...?
- Thor?
- Thor?... Ow merde.
- Putain je le crois pas! C'était à toi d'aller le chercher aujourd'hui! Son institutrice vient de m'appeler, ça fait une heure qu'il attend!! Et qu'il est en train de pleurer... parce que son connard de père l'a oublié!!... Mais t'étais où, je croyais que tu finissais plus tôt aujourd'hui?!... Attends, c'est quoi ces sacs?... Naan... T'es vraiment irrécupérable! T'as oublié ton fils à cause de tes bd à la con?!!"

Ce soir, après être allée chercher son fils à l'école, Marie-Joséphine ne rentre pas chez elle. Elle préfère passer la nuit chez sa mère. Pour se confier. Faire le point.

"Alors... qu'est-ce qu'il a encore fait le niakoué?
- Maman... la caméra...
- Ah. Bah ils couperont au montage...
- Nan mais j'en ai marre marre marre... Il se rend pas compte...
- T'as peut-être juste épousé un débile...
- Maman... Nan mais... Il était pas comme ça avant. Il s'est isolé. Pour lui c'est comme si sa famille n'existait pas... plus... Mais j'ai besoin de lui. Enfin de lui avant. J'ai pas envie d'élever Thor toute seule tu vois...
- Tu vas faire quoi maintenant?
- Je sais pas..."

Pendant ce temps là, chez lui, Alexandre est seul. Attendant le retour de Marie-Joséphine. Il reçoit un coup de fil de sa belle-mère. MJ ne rentrera pas ce soir, elle préfère prendre le temps de réfléchir, en espérant qu'Alexandre en fasse de même. Celui-ci se rend compte pour la première fois que son comportement peut vraiment mettre en danger sa famille.

"Ouais j'ai merdé là... J'ai vraiment merdé..."

Cela fait maintenant trois jours que Marie-Joséphine a quitté l'appartement qu'elle partage avec Alexandre. Au vu de la situation, Karine Grandval, notre spécialiste du couple, a pris rendez-vous avec le jeune homme pour faire le point. Elle commence par lui montrer les séquences que nous avons filmé...

"Alors... Qu'est ce que vous avez vu?
- Une tête à claque...
- C'est vous...
- Ouais, je sais... Je me rend compte que chuis allé trop loin. Que je me suis enfermé dans mon monde. Que j'ai mis ma vie de famille de coté, ma vraie vie... Que j'ai été un ptit con.
- Un "ptit con"... Déjà c'est bien, vous vous rendez compte que le comportement que vous avez est encore celui d'un adolescent égoïste qui n'en fait qu'à sa tête...
- Oui oui...
- C'est sans doute que vous avez beaucoup de mal à accepter vos responsabilités. Votre travail, votre rôle de père aussi... Au lieu de ça, vous avez décidé de refuser de grandir, et de rester dans votre monde. Celui de votre enfance...
- Oui...
- Mais vous l'aimez Marie-Joséphine hein?
- Bien sur...
- Vous savez alors qu'elle a besoin de vous. J'ai discuté avec elle avant de venir. Elle aussi vous aime, Alexandre, mais pas la personne que vous êtes devenu. Ce qu'elle veut, c'est un homme. Un homme qui la regarde, qui prend soin d'elle, la soutient. Mais aussi un père pour son fils, votre fils... Vous vous sentez capable de faire ça? De "grandir" pour elle? Pour la récupérer?
- Je sais pas... J'vais essayer en tout cas, oui... Il faut au moins ça si je veux qu'elle revienne."

À la fin de la journée, Alexandre rentre du travail. L'appartement est encore vide. Marie-Joséphine n'est toujours pas revenue. Mais il est plus déterminé que jamais à la récupérer. Et surtout, de lui montrer qu'il a changé. Même si pour ça, il faudra dire adieu à Batman.

samedi 12 juin 2010

Les Oranjes sans Urby.


Mes premiers émois footballistiques, c'était comme la plupart des gens, devant ma télé, en 98.
De ces ptites fentes qui me servaient de yeux (et qui me servent toujours de yeux d'ailleurs), j'assistais aux exploits de Davor Suker, Christian Vieri, des frangins Laudrup et autre Baptistuta. J'ai vu l'émergence de Michael Owen. Et j'ai été marqué à jamais par le saut du crapaud de Cuauhtémoc Blanco, le magnifique but de Mustapha Hadji, les deux couettes vertes fluo sur le crane rasé de Taribo West, l'expulsion de Beckham contre l'Argentine, et les prestations pathétiques de Stéphane Guivarch (futur vendeur de piscine en Bretagne)...

Et puis il y avait cette magnifique équipe arborant fièrement un maillot orange et pratiquant un jeu flamboyant, une langue moche, et portant des prénoms improbables. Un immense benêt pour garder les filets. Quelques 90 Kg de muscle au crane luisant en charnière centrale. Sur le coté droit de la défense, le chainon manquant entre L'Homme et le Singe (Remember Michael Reiziger... Oui, c'est un peu raciste. Nan mais vous avez vu sa tête aussi...). Un milieu de terrain technique et physique. Et un trio offensif complémentaire alliant vitesse, puissance physique et aisance technique, et surtout, classe.
C'était van der Sar, les frères de Boer, Stam, Numan, Cocu, Winter, Seedorf, Davids, Overmars, Kluivert, van Hooijdonk...

Et puis la grande classe, c'était Dennis Bergkamp. Il était blond, grand, svelte, se laissait pousser le front. On disait de lui qu'il avait un Zidane dans chaque orteil. Mais il trainait avec lui cette tare, cette part de fatalité qui rendait ce genre de joueur si mythique. Une phobie de l'avion à cause de laquelle il passe à coté d'une immense carrière.
Le 4 juillet 1998, Dennis est sur la pelouse du Vélodrome, les Pays-Bas affronte l'Argentine en quart. À une minute de la fin du temps réglementaire, 1 partout, match serré, Dennis s'ennuie un peu. Franck de Boer voit que le "Non-flying Dutchman" s'emmerde, alors... Il l'envoie faire l'amour à Ayala...



Jouissif.
La suite est moins bandante. En demi, les Oranjes se font éliminer aux tirs au buts par le Brésil et perdent ensuite leur match pour la troisième place contre la Croatie...

À l'époque, du haut de mes presque 11 ans, j'avais décider de devenir un supporter néerlandais donc. Envers et contre tous. Mais ce que je savais pas, c'est qu'en plus d'avoir une grande tradition de jeu offensif et flamboyant, et d'avoir inventé le Totaalvoetball, les Pays-Bas étaient surtout une équipe de losers. Une belle bande de GROS LOSERS.
Une génération talentueuse sans cesse renouvelée, mais une seule Coupe d'Europe dans toute son histoire, en 88. À chaque compétition, un départ en trombe, avec désanussage des équipes adverses, un statut de favori, un beau parcours, puis le naufrage dans la dernière ligne droite. Des losers magnifiques.

Au début, c'était assez difficile à vivre. En demi-finale de l'Euro 2000 contre l'Italie, après avoir poutré la Yougoslavie 6 buts à 1 (avec quadruplé de Kluivert), les bataves n'y arrivent pas. À 11 contre 10 pendant tout le match, une domination sans partage, pléthore d'occasions, 2 pénaltys ratés, un poteau. Et une élimination aux tirs-au-but. "Tiens? Pourquoi Stam prend autant d'élan?... Et merde." J'en ai presque pleuré.
La dépression, c'était en 2002, quand ils ne se qualifient même pas pour la Coupe du Monde... Mais je veux pas en parler.

Mais depuis, j'ai appris à m'y faire. Et à y trouver un certain charme. Parce qu'une Hollande qui gagne, ça le fait pas. Parce que cette volonté de pratiquer du beau jeu au détriment de l'efficacité, de continuer à bien jouer même si la victoire n'est pas au bout, ça a quelque chose d'élégant.

Cette année, une belle génération tourne autour de 26 ans, l'apogée d'une carrière normalement. Le meneur de jeu vient de remporter un triplé historique avec l'Inter. Un ailier a remporté la Bundesliga a lui tout seul. Les autres, un boucher bavarois en numéro 6, un "fainéant" de Liverpool sur le flanc droit de l'attaque... et puis Robin van Persie. Une conduite de balle exceptionnelle, mais la moitié d'une carrière à l'infirmerie. Le moment ou jamais quoi.
Mais comme à chaque fois, ne rien espérer, viser bas, le meilleur moyen d'être agréablement surpris. Juste s'asseoir devant sa télé, profiter (parce qu'au final, je ne vois qu'en moyenne que 3 matchs d'eux tous les 2 ans), et boire un bon sirop de ment... une bière, je voulais dire une bière. "Beuuh" *crie viril*

Le football, je pourrais en parler pendant des heures (d'ailleurs il est fort possible que vous ayez arrêté de lire dès le premier paragraphe). C'est quelque chose de magnifique, tragique, ridicule, divertissant, chiant, un truc de beauf, stratégique, improbable, passionnant, pathétique, stressant, dramatique, des quart-d'heures de gloire, des citations cultes, des joueurs mythiques, des déchéances, des losers attachants, des WAGS, de la mauvaise foi, des rivalités historiques, des confrontations de style, des coups de pute, ça aide pas à faire un rapport de stage... Mais c'est surtout universel.

Comme le cul de Carla Bruni. (pardon).

lundi 17 mai 2010

Le monstre de mon arrêt de bus.

Et puis Nolwenn meurt.

Les piranhas finissent par l'avoir. Ils se ruent sur elle comme des pauvres sur un buffet. Au bout de quelques secondes il ne reste d'elle que les os. Malgré sa chair tendre comme un faux-filet, ils ont même pas pris le temps de savourer. Les salauds. La suite... ben rien. Mon portable sonne, il est 7h30, l'heure de se réveiller. Ainsi s'achève ce trop court long weekend.
Je me lève tranquillement, fais mes 5 pompes et mes 2 abdos quotidiens, reprends mon souffle, puis vais à la douche. Tout beau, tout propre, je m'habille de façon digne, à défaut d'être élégant, fous le PC dans ma besace, puis pars m'emmerder au bureau.

En descendant les escaliers, je me rappelle que ce weekend en plus de Nolwenn, j'ai aussi vu la bande-annonce du dernier Alexandre Aja. Je me dis que ça explique pas mal de choses.

Je me dirige vers l'arrêt de bus en bas de chez moi... Et normalement, si toi chère lectrice, tu as passé quelques mois à Clermont, ou même pire, que tu y vis (ouais c'est à toi que je parle), tu te dis que y'a baleine sous caillou. Le mec, moi donc, tu sais qu'il doit prendre le tram pour aller au boulot, son arrêt est à 250 mètres, 300 grand max, alors pourquoi se dirige-t-il vers un arrêt de bus? Tu imagines le pire et tu as raison. Chuis une grosse feignasse et je prend le bus pour aller jusqu'à mon arrêt de tram. Et puis je fais pas nan plus mes 5 pompes et mes 2 abdos matinaux... Faut pas déconner.

Bref. Donc, j'arrive à l'arrêt de bus. Deux Patriotes qu'il s'appelle. Il n'y a personne. Cool, le banc rien que pour moi (feignasse j'ai dit).
À peine assis, j'ai une sensation horrible, du genre qui fait froid dans le dos. Un frisson qui te glace le sang. Comme dans un film d'horreur, l'impression d'être une fille peu farouche en débardeur moulant, marchant le long d'un couloir sombre, tenant une allumette en train de rendre sa dernière mèche, et attendant de se faire hacher violent par une silhouette venue de nulle part.
Ce matin là, j'ai l'impression qu'on m'observe. Un regard oppressant, angoissant, qui se pose sur moi. Une présence malfaisante. Je me fais tout petit sur mon banc, rentre la tête dans les épaules. Je jette quand même un œil à droite à gauche, et là "Huuuiiiiiiii!!" dans un crie porcin brisant ce qu'il me reste de virilité, un monstre.
Une chose immonde, dont la laideur provoque le dégout et laisse ensuite place au malaise. Elle se tient à coté de moi. Écœuré, je détourne le regard dans un premier temps. Puis je me mets à l'observer de plus près. Elle n'a rien d'humain, et c'est pourtant ce vers quoi elle tend à ressembler. C'est une femelle a priori. Peut-être avec les membres inférieurs d'un mâle, anormalement musclés. Une morphologie humaine donc... MAIS avec une tête de cheval. UN VISAGE CHEVALIN. Brillant de tout part, maquillé à la truelle. Un regard affreusement vide, dépourvu de la moindre émotion.
Peut-être qu'à la lecture de ce paragraphe, cher lectrice (ou lecteur, si jamais...), la description de cet humanoïde te dit quelque chose, que tu l'as déjà vu quelque part ces derniers jours... et c'est bien possible. Cette immondice est placardée sur tous les arrêts de bus de France, et elle a un nom, Sarah Jessica Parker.

Une gueule et des cuisses de cheval entièrement photoshopées. Une affiche qui pue le cheap et le mauvais goût, genre Danièle Gilbert à la prochaine fête d'un patelin paumé, ou les prochaines promotions au Shopi de Montcuq. Une robe affreusement laide, des paillettes à outrance, des talons hauts sur des dunes de sable. Tout est à vomir. Et puis je parle pas du film qui sent bon le gros tas de merde et l'exploitation de filon jusqu'au dernier centime.
Bref, je n'ai jamais aimé Sarah Jessica Parker, et elle me le rend bien. Puisqu'elle va me gâcher la vie avec sa tronche immonde tous les matins, et ce pendant au moins une semaine.

En plus, je vais surement être obligé d'aller jusqu'au tram à pieds. Damned.

vendredi 30 avril 2010

Iron Man 2.


Une semaine après Kick-Ass, pas le temps de revenir dans le vrai monde de dehors, puisque sort l'un des films les plus attendus de l'année... Iron Man 2.

Dans le genre "super-héros" au cinéma, c'était limite devenue une Loi. Des studios rassurés, un scénario débarrassé des contraintes de présentation des personnages, une plus grande créativité du réalisateur, un budget plus conséquent... Tout cela donnait un deuxième opus qui surpassait largement, et en tout point, le premier. Et cette Loi marchait pour toutes les franchises du genre: Hellboy, Spiderman, Batman, Blade, X-Men...

Et puis vint Iron Man 2.

Bon le film est loin d'être un gros tas de merde. Il est même plutôt bien. Se regarde avec plaisir. Mais par rapport à ce que j'espérais, par rapport au premier film, c'est un peu une déception. Déception qu'on (moi et mon apprentie, je l'ai bien formée) redoutait instinctivement, à la vue des premières bandes-annonces.

Vite fait l'histoire. Ça se déroule quelques semaines après la fin du premier film, où Tony Stark révèle qu'il est Iron Man. Le gouvernement américain cherche alors à s'approprier cette armure, et incite donc Stark à comparaitre au tribunal. Pendant ce temps, à l'autre bout du monde, un méchant russe prépare sa vengeance...

Le film, avec toujours un très bon casting (sauf... Gwyneth), se laisse regarder donc, contient de très bonnes scènes (la scène du tribunal, des scènes d'action spectaculaires), mais nous laisse sur notre faim (trop de défauts, ces mêmes scènes d'action, beaucoup trop courtes). L'impression que le film est moins maitrisé, moins fluide que le premier, des scènes expédiées à l'arrache, l'envie d'en faire trop aussi...
En fait, le plus gros défaut du film, c'est la multiplicité des nouveaux personnages secondaires et des enjeux. Avec un manque de temps pour tous les approfondir, ces derniers deviennent finalement trop superficiels pour qu'on s'y intéresse, qu'on soit plongé dedans. Du coup, à certains moments, le personnage de Tony Stark, autrefois si cool, devient carrément antipathique, se résumant à un seul comportement, une seule idée étirée tout le long du scénario. Pas très subtil.
De plus, les motivations des deux méchants de l'histoire, Justin Hammer et Whiplash, sont un peu simplistes. La jalousie, la vengeance familiale... ça fait trop "méchant de dessin animé". Dans ce genre de films, l'ennemi prend une toute autre dimension dès lors que ses motivations sont plus "altruistes" (démontrer ce qu'est la nature humaine, faire avancer la science, ou encore protéger l'humanité contre... elle-même), même si tout dépend du point de vue évidemment. Après ça, venger papa... c'est un peu bidon comme excuse pour foutre la merde.
Bon pour sa défense, Iron Man fait pas vraiment partie des héros ayant une super galerie d'ennemis (à l'inverse de Batman et sa galerie de freaks). Elle se résume à 2 mecs. Obadiah Stane et le Mandarin. Le reste, d'autres blaireaux en armure plus ou moins futés. Pas de "T'as détruit mon viseur automatique fumier!" donc.
En parlant de gens peu futés. Pepper Potts est encore plus inutile que dans le premier. Je m'attendais à ce qu'elle ait un rôle de "stabilisateur" pour le héros, un soutien moral, une femme forte, celle en qui il voit un refuge, retrouve un équilibre, une Mary-Jane quoi. Et ben visiblement, c'est pas possible, puisqu'elle est bête à bouffer du foin. Elle sert à rien, c'est un boulet. Au bucher Gwyneth.
Et puis il y a cette scène. Lors de l'anniversaire de Stark. Une scène ridicule, embarrassante, gênante, qui peut remettre en cause toute la crédibilité du film. C'est le genre de scène où moi, geek, féru de comics devant l'éternel, se retrouve totalement indigné, mon cœur d'enfant attardé brisé. Ça peut prendre la forme d'un "OUH PUTAIN!! ILS ONT OSÉ TUER CYCLOPS?!!" ou "LA MÈCHE À TOBEY... C'EST QUOI CE BORDEL?!!" En gros, tu te demandes dix mille fois comment ils ont pu mettre ça dans le scénario.

Bon malgré tout ça, le film contient de bonnes surprises qu'on pourrait résumer par The Avengers. En parallèle à l'histoire de base, on suit l'avancement petit à petit du projet Avengers initié par le directeur du S.H.I.E.L.D, Nick Fury (qu'on prononce Fioury apparemment...). Samuel L. Jackson ne sait pas jouer le mec cool, il est cool. Chacune des scènes où il est question des Avengers fait un peu plus monter l'excitation à chaque fois, me faisant baver un peu plus encore, surtout l'après générique de fin.
Autre bonne surprise, Scarlett Johansson dans le rôle de Black Widow. Difficile d'en faire autrement tellement Iron Man 2 est un film à la gloire de son cul. Sinan, niveau jeu, elle est quand même assez crédible (même si j'aurais préféré Emily Blunt dans ce rôle, beauté plus froide, plus proche du comics). Une bonne scène d'action vers la fin, son quart d'heure de gloire durant lequel je me suis demandé "Comment une fille avec des seins si gros peut bouger si vite?"

Pour conclure, disons que donner plus de liberté créative à Christopher Nolan, Sam Raimi, Guillermo del Toro... ça a de la gueule. En donner à John Favreau... tout de suite, ça en a moins.