jeudi 20 décembre 2012

The Hobbit: An Unexpected Journey.

Hobbit ordinaire se complaisant dans une existence tranquille et routinière dans sa demeure de Cul-de-sac, Bilbon Sacquet voit sa vie paisible basculer lorsqu'un soir, débarquent chez lui treize nains et un magicien. Ce dernier, Gandalf Le Gris, lui propose de les rejoindre pour une quête aussi longue que périlleuse menant à Erebor. Royaume nain situé au cœur du Mont Solitaire où, jadis, sous le règne de Thrór, les nabots prospérèrent, avant que Smaug, un dragon cupide appâté par leur richesse, les chassa et les condamna à l'exil.
Après une longue hésitation, Bilbon se laisse finalement convaincre et accepte de rejoindre la compagnie des nains, menée par Thorin Écu-de-Chêne, petit-fils de Thrór et héritier du trône d'Erebor...

Neuf ans qu'on était pas retourné sur la Terre du Milieu, on avait fini par oublier la sensation que cela pouvait procurer. Et putain, quel plaisir. Les souterrains d'Erebor, Thranduil chevauchant majestueusement son cerf... On le sens dès les premiers plans, dès les premières minutes, l'histoire qui commence sous nos yeux va être une merveille visuelle de tous les instants. Une intuition qui ne fait que se confirmer tout au long du film, durant ses presque trois heures.
Coupable d'une trilogie de l'Anneau déjà grandiose, Peter Jackson est une nouvelle fois à la réalisation de cette saga. Et alors qu'il craignait de ne pouvoir égaler sa première trilogie et avait préféré laisser la réalisation à quelqu'un d'autre avant de revenir sur sa décision, le réalisateur néo-zélandais fait encore une fois des merveilles en nous offrant un grand moment de cinéma.


Visuellement, le film est somptueux et sur ce point, surpasse même la trilogie de l'Anneau, l'avancé technologique aidant. Du royaume d'Erebor jusqu'au repère des gobelins, en passant par Fondcombe, nombreux sont les lieux où on ne peut s'empêcher de s'extasier. De plus, la mise en scène contemplative de Jackson nous permet d'appréhender pleinement la magnificence des décors. Et ces derniers regorgent de détails et d'effets visuels à tomber, que ce soit une cascade d'une centaine de mètres en arrière plan, un ciel crépusculaire rose bleuté, ou encore la grandeur architecturale de certains lieux. Tout au long du voyage, l'émerveillement est total. Une richesse visuelle que l'on doit également à un bestiaire plus riche, plus travaillé et surtout beaucoup plus stylisé que dans la première trilogie. Une attention portée aux créatures dont on ne peut s'empêcher de penser qu'elle est la volonté du génial Guillermo Del Toro. Le mexicain, un temps pressenti à la réalisation s'est finalement désisté au dernier moment se limitant par la suite à un rôle de consultant.


Très semblable à La Communauté de l'Anneau dans sa structure, le film prend d'abord le temps de poser les bases de son histoire, de nous présenter les principaux protagonistes. Une introduction un peu longue, près de trois-quarts d'heure, mais non moins captivante où l'on retrouve avec un plaisir nostalgique Sir Ian McKellen en Gandalf mais surtout où l'on découvre le personnage de Bilbon Sacquet, génialement interprété par Martin Freeman. Se demandant “Mais qu'est-ce que je fous là?” durant la moitié du film mais rusé quand il le faut, l'acteur apporte au personnage son flegme britannique et sa bonne bouille qui le rendent immédiatement sympathique.

Une fois les enjeux posés, le film quitte la Comté et enchaine les péripéties. Le souper des trolls, la rencontre avec Radagast le Brun, la fuite d'Azog, les Géants de pierre, sans oublier l'envol des aigles... Autant de scènes spectaculaires où la mise en scène épique de Jackson et la musique de Howard Shore nous scotchent à notre siège. Lors de ces séquences, le réalisateur nous démontre encore une fois toute sa maitrise et sa virtuosité dans ce genre d'univers, en alternant tension et poésie, et nous prouve surtout qu'il est sans égal. En témoigne le climax du film, une course poursuite dans les souterrains gobelins où il parvient à renouveler notre plaisir éprouvé dans les mines de la Moria onze ans auparavant, en la réinventant suffisamment pour nous éviter une impression de déjà vu.
D'ailleurs, cette course poursuite, un peu (beaucoup) tirée par les cheveux, est révélatrice de ce petit truc que j'adore chez Jackson. Ce côté gourmand, généreux, déjà visible sur les champs de Pelennor ou sur Skull Island. Le mec ne peut jamais s'empêcher d'en faire plus, plus et encore plus. Une surenchère dans le spectaculaire qu'il assume totalement. Car on parle ici d'un mec qui, un soir d'hiver 2005, est venu dans les toutes les salles de cinéma du monde, déguisé en Monsieur Loyal, pour nous clamer que "Ce soir, rien que pour vous mesdames, messieurs, King Kong n'affrontera non pas un tyrannosaure, non pas deux tyrannosaures, mais trois tyrannosaures! Eh oui mesdames, messieurs!" Et qui ensuite, a fait faire du trapèze à l'un de ses putain de T-rex sous nos yeux ébahis. Un génie. Déjà responsable de deux de mes plus grands frissons au cinéma (tiens, faudrait que je fasse un top dix un jour...), Peter Jackson a pour lui un sens du spectacle sans limite et une envie permanente d'en mettre plein la vue aux spectateurs. Une volonté de faire de ses films de véritables machines à rêve allant toujours plus loin qui traduit chez lui une certaine vision qu'il a du cinéma, très proche du cirque finalement, et à laquelle j'adhère totalement.


Du côté du casting, en plus d'un Bilbon emportant immédiatement notre adhésion, l'autre réussite du film est d'être parvenu à rendre attachants cette catégorie de personnes dont on aime tant se moquer dans la vraie vie... les nains. Guerriers émérites, aussi dévoués que rigolards, ces treize nains nous offrent de bons moments de rigolade et de camaraderie et se révèlent même parfois touchants de part leur statut d'exilés. Durant leur périple, on retrouve avec un certain plaisir Hugo Weaving, Cate Blanchett et Sir Christopher Lee toujours impeccables dans leur rôle respectif, mais aussi et surtout l'excellent Andy Serkis qui a l'air de prendre un pied énorme à retrouver son personnage de Gollum. Et nous avec lui.
Sa première rencontre tant attendue avec Bilbon et l'un des meilleurs moments du film, tant son personnage est fascinant. Encore plus réaliste, les effets spéciaux de la WETA étant encore une fois bluffants, l'effet d'empathie est immédiat. On rie de ses grimaces, on tremble à chacun de ses coups de sang et surtout, on se surprend à éprouver de la peine pour lui. Le moment où il perd définitivement son anneau est sans doute le plus triste du film. Ses yeux globuleux aidant, la détresse dans son regard est immense. J'ai failli pleurer, je crois. Ouais chuis un peu sensible en ce moment... À ce moment là, j'avais juste envie de le prendre dans mes bras et de lui dire "Courage mon ptit champion, parce que tu vas en chier durant les soixante prochaines années..."


Magnifique, émouvant, épique. Je suis sorti de la salle vendredi dernier avec l'impression d'avoir vécu un grand moment de cinéma. De ce film on y sent le rêve, l'ampleur, la démesure, l'ambition mais aussi le plaisir d'un réalisateur à nous entraîner dans cette Terre du Milieu qu'il affectionne tant. L'évasion est totale et le plaisir immense. Tellement immense que la seule chose dont j'avais envie en sortant de la salle, c'était d'y entrer à nouveau. Ce que j'ai fait le lendemain d'ailleurs. Parce que je suis un gros pigeon. Et que j'adore ça.

1 commentaire:

Envyzzz a dit…

Ton article est aussi long que le film.