vendredi 27 avril 2012

The Avengers.

Ce film, je l'ai attendu pendant quatre ans, depuis la scène post-générique du premier Iron Man. Je l'ai espéré pendant douze ans, dès que je suis sorti de la séance du premier X-Men. J'en ai rêvé depuis dix-sept ans, quand j'ai commencé à lire mes premiers comics... En fait, j'ai passé ma vie à attendre ce film.

Et mercredi en début d'après-midi, plus qu'un film, j'ai vécu un rêve éveillé.

Ça fait déjà quarante-huit heures et je m'en suis toujours pas remis. Et je vais sûrement retourner le voir dans les jours qui viennent pour ne pas m'en remettre, encore. The Avengers est un film de malade. Un chef d’œuvre du divertissement. Le plus grand film de super-héros que j'ai jamais vu. Le plus grand film que j'ai jamais vu tout court. Grandiose. Brillant. Un rêve de gosse devenu réalité. Et c'est en grande partie grâce à son réalisateur, Joss Whedon.

 
Avant ce film, ce mec, je me contentais juste de l'adorer. Il est l'un des meilleurs scénaristes de comics actuel et sans doute le meilleur dialoguiste que j'ai pu lire. Et surtout, il ressort de ses œuvres un talent indéniable, il sait conter les histoires de groupes comme personne. De Buffy à Astonishing X-Men, en passant par Serenity, on sent que Whedon aime ses personnages et qu'il veut nous les faire aimer. Ne se contentant jamais de quelques traits caractéristiques, il prend le temps de les rendre attachants, de leur donner plus de profondeur, de nuances. Et surtout de vraies interactions. Ainsi dans ses histoires, chaque personnage se reflète à travers un autre, permettant ainsi de créer une réelle dynamique. Tout ça pour dire à quel point le choix de Whedon pour réaliser The Avengers était une évidence.

Car sa recette, il l'applique brillamment tout au long de son film. Parvenant ainsi à tourner à son avantage l'une des grandes interrogations qui tournaient autour de ce projet dantesque: comment faire une équipe cohérente avec ces personnages que tout oppose? Il prend le temps d'y répondre durant les deux premiers tiers du films, tout en développant sa trame principale tournant autour de la disparition du Cube Cosmique. On a alors droit à un premier tiers d'exposition, un passage obligé durant lequel tous les personnages, sans exception, sont solidement caractérisés, avec leurs propres conflits et enjeux narratifs. Puis un deuxième tiers où ils se rencontrent, se croisent et s'opposent, ne formant encore qu'une somme d'individualités avec des enjeux et des egos divergents. Tout ça est habilement mené, avec une intrigue dense et pleine de péripéties et surtout avec des dialogues excellents. Car l'une des forces du film réside dans ses dialogues et là encore, on a droit à du grand Whedon. Fin et percutant, drôle et émouvant, il donne à son film un ton unique et à certaines scènes une saveur particulière. Parmi celles qui m'ont le plus marqué, cet aveu d'impuissance de Banner, ou encore ce règlement de compte entre Rogers et Stark où ce dernier est pour la première fois, confronté à un vrai héros.
Évidemment, durant cette longue exposition, Whedon n'oublie jamais son objectif premier: nous divertir. D'abord avec son humour (très whedonien), où entre les vannes de Tony Stark, les punchlines de Nick Fury et le jet lag permanent de Steve Rogers, ça fuse de tous les côtés. Puis grâce à son sens du spectaculaire, avec des scènes d'action livrées en parcimonie mais non moins impressionnantes et faisant monter un peu plus la tension à chaque fois, en attente du dernier acte.

Côté casting, les productions Marvel Studios ont toujours pu se targuer d'avoir de brillantes distributions. Et vu qu'on prend les même et qu'on recommence, The Avengers ne fait pas exception. Si les joutes verbales sont si savoureuses et font mouche à chaque fois, c'est aussi parce qu'elles sont portées par d'excellents comédiens. À noter la prestation très convaincante de Mark Ruffalo en énième incarnation de Bruce Banner. Mais la meilleure surprise vient tout de même de Loki, interprété par Tom Hiddleston. Ma seule inquiétude à l'attente du film malgré son potentiel aperçu dans Thor. Mais finalement, le comédien nous rassure dès la scène d'intro en parvenant, sans en faire des tonnes, à devenir ce dieu vil et manipulateur qu'on adore détester dans les comics.


Puis on y arrive. Le dernier acte du film. Une bataille d'anthologie dans les rues de Manhattan. Rien que d'y repenser, j'en bave encore. En terme de spectaculaire, cette dernière demi-heure ridiculise de loin tout ce qui a été fait en termes d'adaptation de comics jusqu'à maintenant. Et surtout, elle a surpassé toutes mes attentes de fan. Captain America, Iron Man, Thor, Black Widow, Hawkeye et Hulk repoussant ensemble une invasion extra-terrestre, quatre ans et cinq films qu'on attendait ça, et c'est peu dire que ça valait le coup. J'ai jamais été autant émerveillé devant un écran géant. Trente minutes d'héroïsme avec un grand H, sublimé par les effets spéciaux d'ILM et la musique d'Alan Silvestri. Ça frappe dans tous les sens, ça explose de partout, ça transpire la classe et c'est incroyablement jouissif. Trente minutes durant lesquelles l'écran s'embrase et nos rétines avec.
Et en apothéose de cette bataille, il y a ce magnifique plan séquence qui à lui seul me convaincra de revoir ce film encore et encore. Une minute durant laquelle la caméra vogue de héros en héros, s'attardant quelques secondes sur leurs exploits, et nous les montre enfin lutter ensemble pour repousser une menace commune... Grandiose.
On aurait aimé que ce dernier acte ne finisse jamais mais toutes les bonnes choses ont une fin. Et alors qu'on se remet à peine de nos émotions et que nos rétines fument encore, le film offre à ses fans une ultime surprise. Une scène post-générique à la hauteur du film, qui m'a laissé sans voix et nous promet une suite encore plus spectaculaire... En 2015.

Alors évidemment le film n'est pas parfait et contient ses ptits défauts, mais on ne peut que s'incliner devant la générosité et la qualité du spectacle qui nous est offert. The Avengers est un immense film. J'ai dû patienter dix-sept ans, mais enfin je l'ai vu.

mercredi 18 avril 2012

I love you Tom.

Aujourd'hui, histoire d'occuper un peu mon après-midi, je me suis calé au fond de mon canapé avec le nez plein de morve et quelques mouchoirs, et je me suis maté le DVD de Knight And Day. Une comédie d'action que j'ai oublié d'aller voir en 2010 et subtilement rebaptisée Night And Day pour le marché français. Génie marketing, quand tu nous tiens.
Un film plutôt sympa. Mélange d'action décomplexée et d'humour au troisième degré, suffisamment fun pour pas te faire chier. Et c'est tout ce que je demandais. Mais en fait, on s'en fout du film. J'avais surtout envie de vous parler de son acteur principal. Parce que dès que je l'ai vu, j'ai été pris d'une certaine nostalgie. Mon cœur s'est mis à battre plus que d'ordinaire. Et lorsqu'au bout de deux minutes, il a balancé son sourire capable de rassurer un leucémique, je me suis senti tout chose. Car en le voyant, c'est toute mon adolescence de cinéphage qui m'est revenue en tête. Ce mec, c'est Tom Cruise.


Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Oliver Stone, Ridley et Tony Scott, Brian de Palma, Sidney Pollack, Michael Mann, Stanley Kubrick, Ron Howard, Steven Spielberg, J.J. Abrams, Paul Thomas Anderson, Cameron Crowe, John Woo, Bryan Singer, Brad Bird, Ben Stiller (pour la déconne)... Quel autre acteur peut se targuer d'avoir une telle liste de réalisateurs dans sa filmographie? Aucun. Vraiment. J'y ai réfléchi pendant dix bonnes minutes. Tom Cruise est le seul. Et de ses collaborations avec les plus grands metteurs en scène de son époque, il en a tiré l'une des filmographies les plus éclectiques d'Hollywood. Du blockbuster estival au drame, en passant par la science-fiction, le thriller ou même l'heroic fantasy, une trentaine de films dont l'essentiel sont des énormes succès contemporains amplement mérités, certains devenant même cultes avec les années. Bon ça, c'était juste histoire de vous rappeler qui était le bonhomme.

Parce que j'ai l'impression que sa mégalomanie, sa scientologie et ses promos sous acide sont les seules choses qu'on ait retenues de lui au final, je me demande comment on a pu oublier à quel point c'est un formidable acteur. Brillant dans tous les registres, il réussit même à nous surprendre là où on ne l'attend pas, que ce soit en Lestat de Lioncourt ou dans les bourrelets de Les Grossman (Robert Downey Jr. a beau prendre l'accent black, le plus drôle dans Tropic Thunder c'est Tom Cruise).

Dans Knight And Day, son personnage arrive à dompter un taureau avec une Ducati Hypermotard, le tout avec Cameron Diaz qui lui masque à moitié la vue. À ce moment là, j'ai même pas sourcillé, je me suis dit "Normal, c'est Tom Cruise." Pareil il y a quelques mois dans Ghost Protocol, quand il escalade le Burj Khalifa.
Parce que vers la fin des 90's, durant mon adolescence passée à bouffer des films, Tom Cruise je l'ai adoré, admiré. Il savait tout faire avec panache. Il incarnait une certaine idée du cinéma hollywoodien, celui que je découvrais petit à petit à coups d'enregistrement sur VHS, et qui me faisait rêver. Et ce mec, avec ses cascades à la con dans Mission : Impossible II, il m'a fait rêver. Et j'aimais croire que c'était vrai. Avec son talent de comédien et sa tête de bon gars, il m'a aussi passionné, il m'a fait rire, il m'a fait frissonné. Et plus que tout, il m'a ému. Dans Jerry Maguire. Sans doute l'un de mes films préférés ou en tout cas celui qui m'a le plus marqué étant adolescent. Il y incarne un agent sportif à qui tout réussit mais qui, dégoûté par son métier et ses privilèges qui lui semblent factices, décide de tout envoyer chier pour redonner du sens à sa vie. C'est plein de bons sentiments, c'est naïf et j'hésite à le revoir aujourd'hui par peur de le trouver trop niais. Mais c'est d'une telle sincérité que ce film te donne envie de tomber amoureux, et d'être un type bien. Je l'ai vu une dizaine de fois.

En fait, je pourrais aimer Tom Cruise rien que pour Jerry Maguire. Mais il y a aussi Ethan Hunt, Brian Flanagan, Les Grossman, Ray Ferrier, Cole Trickle, Charlie Babbitt, John Anderton, (nan pas Maverick, faut pas déconner)... Autant de personnages avec lesquels il m'a marqué, touché et m'a fait aimer le cinéma. Dans tous ses genres.