mercredi 24 novembre 2010

Hermione Granger & The Deathly Hallows (Part 1).


Parce que l'autisme n'est pas une fatalité. Parce qu'au-delà de leur peau crade, leur rire idiot et leur mèche de gouine, les adolescents sont des êtres inoffensifs. Cet après-midi, j'ai surmonté ma peur (comme Daredevil) et les ai affrontés par centaine pour aller voir le septième opus des aventures d'Hermione Granger.

Le film débute avec une scène très émouvante.
Hermione est dans sa chambre. Sa mère moldue l'appelle pour venir manger. Elle descend les escaliers, ses parents sont dans le salon. Ils ont le dos tourné. Elle les regarde pour la dernière fois avec tristesse, consciente des heures sombres qui l'attendent. Puis, pour les protéger de la perte d'un être cher, elle leur jette un sort d'amnésie et s'efface de leur mémoire... Là, je me dis que putain le film commence fort, mon mascara va jamais tenir.

Bon, l'intrigue en deux mots, genre tu la connais pas, genre t'as pas lu les bouquins, genre Hermione Granger t'indiffère, genre t'as quand même envie de lire mon article...
Depuis la mort de Dumbledore, c'est pas vraiment la fête à Poudlard. Mais plutôt le chaos, le totalitarisme, le deuil et la paranoïa (ambiance installée dès la scène pré-générique de la réunion chez les Malefoy). Dans ce contexte, et en perpétuelle fuite, Hermione et ses deux meilleurs amis (un binoclard et un roukmoute) partent à la recherche des Horcruxes renfermant les fragments d'âme de Voldemort afin de les détruire.

Bon comme on pouvait s'y attendre, c'est pas dans ce film là que tout va péter. Les scènes de bravoure sont rares, l'intrigue étant concentrée sur la fuite dans les paysages magnifiques d'Albion et sur la recherche des indices menant aux Horcruxes. Du coup, le rythme est plutôt lent mais sans jamais être ennuyeux. Parce que tout l'intérêt du film réside dans sa lenteur (qui découle du fait que le film soit en deux parties). Pour la première fois, un film de la saga prend son temps, et s'attarde donc sur ce que les précédents films survolaient, l'émotion.
Les deux précédents opus donnaient l'impression d'une succession de faits. Sans avoir une dimension émotionnelle autre que le plaisir qu'on avait à retrouver les personnages. La mort de Sirius Black et pire, celle de Dumbledore, étaient expédiés en deux-deux. Ici, c'est mieux donc. David Yates prend le temps de s'attarder sur la relation entre les trois héros (qui est quand même l'un des principaux intérêts des bouquins). Une relation de fraternité, d'amour et de jalousie qui, même si on y est habitué, prend une autre dimension et devient réellement attachante et touchante.
Une autre scène que j'ai trouvé magnifique. Sous la tente, suite au départ de Ron. Voyant qu'Hermione est triste, Harry lui tend la main, et l'invite à danser (mal) sur une chanson de Nick Cave & The Bad Seeds, O Children. Un moment de douceur et de légèreté totalement inattendu. Joli. Aérien.


Évidemment, ces scènes sont réussies parce que les trois acteurs ont enfin de quoi briller tous ensembles. Rupert Grint a enfin l'occasion de faire autre chose que des grimaces. Daniel Radcliffe est plus naturel et moins constipé. Et Emma Watson continue d'illuminer chaque plan où elle apparaît (dans différentes tenues qui enfin lui siéent à ravir), même si son talent est confirmé depuis le début de la saga. Et puis, elle vire au passage Zhang Ziyi de la troisième place de mon Top 10. Les rôles secondaires, comme d'habitude, restent excellents (Ralph Fiennes, Helena Bonham Carter, Bill Nighy...).

Sinan, malgré l'ambiance sombre du film, l'humour par petite touche et avec un sens du timing parfait reste (heureusement) présent. Les scènes poétiques aussi (L'histoire des Trois Frères et la Mort). Les quelques scènes d'action (les 8 Harry, l'évasion du ministère, Dobby en mode "nique-sa-mère"...) nous tiennent en haleine mais sans plus. Elles servent juste de mise en bouche. Nous rappellent que ce film n'est qu'un prélude. Que se jeter à corps perdu dans la bataille, c'est pas pour tout de suite.
La première partie a pris le temps de préparer le terrain, le final risque donc d'être épique. Mais ce sera pas avant le 13 juillet. Aaaaargh...

(Sinan, cherche pas à rester jusqu'à la fin du générique, y a pas la B.A de la suite...)