mercredi 8 septembre 2010

"Il deviendra le plus grand justicier que le monde n'ait jamais connu..."

J'aurais pu vous pondre une liste, un classement d'une de mes obsessions. Faire dans le narcissisme et m'autocongratuler longuement. Ou encore remercier ma poignée de lecteurs fidèles et les 2-3 blaireaux qui viennent se perdre ici... Mais finalement, après quelques jours de réflexion, j'ai décidé de Lui consacrer mon centième article.
Le seul homme que j'ai jamais aimé. Mon ancien mot de passe facebook. Mon nom dans Football Manager. Un symbole de la culture populaire. L'emblème de DC Comics. Le chevalier de la nuit. Un fantasme... Batman.


Comme pour lui, c'est dans un cinéma que tout a commencé.
Ce n'était pas la première fois que je le voyais, mais c'est mon plus vieux souvenir. Ma première confrontation avec le mythe. Batman, Le Défi de Tim Burton. Je devais avoir 4 ou 5 ans. C'était un de mes premiers films au cinéma. Peut-être même le premier. Ça ou Tortue Ninja, chais plus.
J'aurais aimé pouvoir vous raconter cette rencontre comme un moment historique, mémorable. Que c'était un de ces instants banals qui finissent par devenir merveilleux, parce que c'est là que tout a commencé. Une rencontre. Une découverte. Une illumination. Comme le jour où j'ai découvert Kirsten Dunst (Vas-y, elle est trop bonne dans Jumanji). Le premier truc débile que j'ai dit à Nolwenn. Le jour où Flo m'a dit qu'il lisait des comics. Le jour où Penny m'a demandé de lui en passer. Mon premier paquet de Yum-Yum. Le jour où, perdu, j'me suis assis à coté de Siham. La première fois que j'ai vu un Stormtrooper. Ou encore, mon premier California saumon-avocat...
J'aurais aimé vous dire que mon obsession a commencé ce jour-là. Pouvoir vous décrire le frisson qui m'a parcouru. Vous dire que voir cette chauve-souris plaquée sur ce torse musclé a changé ma vie à tout jamais... Mais le seul souvenir que j'ai de ce film, c'est mes parents me réveillant pendant le générique de fin. J'ai dormi pratiquement toute la séance. Un rendez-vous manqué...

Et puis il revint dans ma vie quelques années plus tard avec la géniale série animée de Bruce Timm et Paul Dini. Du haut de mes 9 ans, je sortais d'une période très violente ("Bon... là j'vais te faire un Kaméha... mais d'abord je demande à la Terre de me donner sa force... Nan mais si tu veux, tu meurs pas, tu perds juste un bras... ça te va?"), et je commençais à acheter mes premiers comics.
Une ambiance sombre. Une batmobile que je me suis empressé d'avoir pour mon anniversaire. Un générique culte. Une excellente qualité d'animation. De bonnes histoires Et surtout, des épisodes riches en destins tragiques. À rendre un môme dépressif (ceci doit expliquer cela). J'en ai bouffé des pertes de l'être aimé, des troubles de la personnalité, des transformations inhumaines, de la solitude, du désespoir et de la folie... Et lui, il était là. Une silhouette massive surgissant des endroits les plus obscurs. À mon âge, tout ce que je retenais c'était ce héros multimilliardaire qui, la nuit, dans sa burqa infiniment cool, pétait la gueule à qui il voulait avec une efficacité redoutable. Puis qui disparaissait dans l'ombre. Difficile de ne pas trouver ça génial quand on a à peine 10 ans.
Au final, j'ai découvert Batman, Gotham City, Alfred, le Joker... comme l'essentiel de ma génération, de la manière la plus banale qui soit. En prenant mon goûter devant la télé. Sauf que je lisais des comics. Et que l'héroïsme en justaucorps, c'était mon truc. Du coup, j'étais encore plus fasciné. Et plus longuement aussi. Beaucoup plus longuement...

Mais en même temps que la passion vint la frustration. À cette époque, seuls les comics Marvel étaient publiés en France. Batman et les personnages DC Comics en général, étaient quasi-inexistants. Les années qui suivirent, j'ai dû me contenter des épisodes de Batman Beyond et de Justice League pour entretenir une fascination qui s'éteignait peu à peu. Sa mort cinématographique n'aidait pas. Et au profit des X-Men, Avengers et autre Spiderman, Batman sombra inévitablement dans l'oubli... Jusqu'en 2005.


C'était en janvier, par une rugueuse journée d'hiver, je me rendais à la médiathèque pour mes "explorations musicales". Trainant dans le coin BD après avoir trouvé mes cinq nouveaux amis de la semaine, c'est là que je le vis. La couverture déchiquetée, des pages imbibées de café, d'autres qui se barraient... Batman: The Dark Knight Returns de Frank Miller.
Savourée en trois jours, la meilleure histoire que j'ai jamais lue. Le chef-d'œuvre. Des dessins et une colorisation pas irréprochables, mais une écriture et une narration parfaites. Et que dire du traitement du personnage... À presque 18 ans, je redécouvrais Batman. Plus sombre et pessimiste, avec une personnalité beaucoup plus complexe. Une redécouverte du mythe. Et aussi le début de ma batmanophilie. Que la sortie de Batman Begins la même année, et la publication tant attendue de comics DC en France n'aideront pas...

C'est ainsi que depuis cinq ans, il squatte mes étagères de comics. En plus des périodiques en kiosques, les rééditions de graphic novels pleuvent en librairies. Year One, R.I.P, The Killing Joke, Arkham Asylum, The Long Halloween, War Game, The Dark Knight Returns. Des histoires épiques, entre grands moments d'héroïsme et tragédies. Pour mon plus grand bonheur. Sans parler du film désormais culte The Dark Knight sorti en 2008.

Et puisqu'il fallait bien en choisir un, Batman devint mon personnage de comics préféré.



Mais pourquoi lui ?

Comment vous l'expliquer sans passer pour un gamin de quatre ans... Batman, c'est le plus fort. (raté...)

Pour de multiples raisons, il est indéniablement cool. Ses multiples gadgets, sa batmobile, sa batcave... mais surtout, son apparence. Une silhouette sombre et massive, aux oreilles aiguisées. Invisible et inquiétante dans les recoins obscurs ou effrayante et majestueuse lorsqu'elle déploie ses ailes. Une créature de la nuit, inspirant la peur chez les criminels les plus lâches, qui se balade d'ombre en ombre. Devenant une légende urbaine. Visuellement, le personnage est magnifique.

Ne possédant aucun pouvoir, il a passé des années à développer ses facultés physiques et intellectuelles pour atteindre une sorte de perfection. Il maitrise toutes les formes de combats possibles et sait manier toutes les armes existantes. Polymathe, il est expert en criminologie, chimie, médecine légale et possède la mémoire absolue. Combattant ultime. Détective de génie. Dans l'univers DC, il est un peu à Ulysse ce que Superman est à Hercule. Redoutable stratège, chacun de ses combats est maitrisé, tous ses coups sont calculés. Grâce à son intelligence et sa capacité à anticiper l'adversaire, il peut battre n'importe qui. Même Superman. Ça, c'est le côté fun.


En fait, il y a chez Batman quelque chose de dérangeant. Multimilliardaire, surdoué, condition physique parfaite. Même s'il ne possède pas de pouvoir, on se rend compte que c'est le personnage auquel on peut le moins s'identifier. Le moins humain. Et sa personnalité complexe nous en éloigne encore plus, mais le rend encore plus passionnant.
Justicier obnubilé par une vengeance personnelle, et donc égoïste. Chevalier lancé dans une croisade sans fin. Héros paranoïaque au bord de la folie. Enfant traumatisé qui pleure éternellement l'assassinat de ses parents. Ses multiples personnalités donnent au personnage toute sa dimension dramatique. Sa psychologie est en fait assez proche de celle de ses ennemis. Joker, Two-Face, Mister Freeze, Scarecrow, Penguin, Sphinx, Clayface... Quand ils ne sont pas pris de mégalomanie compulsive, la plupart de ses ennemis sont des êtres seuls, à la mentalité fragile, ayant basculé dans la folie à la suite d'un traumatisme. Comme Batman, finalement.


En plus de soixante-dix ans d'existence, son univers s'est considérablement enrichi. Et a donné lieu à une ville, Gotham City, et à des personnages tout aussi cultes: Joker, Two-Face, le commissaire Gordon, Catwoman et Dick Grayson, pour ne citer, subjectivement, que les meilleurs.

De plus il y a aussi chez le personnage de Batman cette capacité à inspirer les plus grands auteurs de comics (Frank Miller, Alan Moore, Jeph Loeb, Grant Morrison, Neil Gaiman...), de grands illustrateurs (Jim Lee, Neal Adams, Frank Quitely, Dave McKean, Adam Kubert, Brian Bolland...), mais aussi de grands réalisateurs (Tim Burton et Christopher Nolan... ouais, nan, pas Schumacher). Ce qui pour un fan, est juste badass.


Tout ça pour vous dire que Batman et moi, c'est pas une histoire de coup de foudre. Une passion nous consumant dès le premier regard. Ni un plan cul. C'est juste une longue histoire de presque 20 ans passés à se tourner autour. À apprendre à le connaitre (putain je raconte n'importe quoi là...). C'est aussi une histoire de fascination. Entre un enfant et l'un des plus grands personnages jamais imaginés. Parce qu'en grandissant, j'ai gardé cette capacité à m'émerveiller devant l'imaginaire, à y croire, et à m'en émouvoir... Han, Batman je t'aime.

12 commentaires:

nolwenn a dit…

mon meilleur dessin animé : le roi lion... seulement j'ai tourné la page depuis disons... 15 ans!

han, c plus ton mot de passe! mais c quoi alors c pas possible. Si c'est plus ton mot de passe ca veut dire que batman a été détronné!

J'aime bien le petit passage "REALITE" tiens special dédicace à des gens qui sont réels

Alexandre a dit…

Vous devriez être honorés d'être dans le même article que lui...

Il est indétrônable.

nolwenn a dit…

comme dirait baptiste "ne mélangeons pas les torchons et les serviettes"

Envyzzz a dit…

C'est PLEIN de fautes. Corrige moi ça où je t'envoie des sms vides toutes les 7 minutes.

Ce qui est marrant c'est de se dire que tu pourrais être Batman, si t'étais musclé, mince, riche, pas jaune, avec une coupe de cheveux décente et qu'au lieu de t'emmener au cinéma à 5 ans, tes parents avaient été tués.


Genre Batman il peut taper superman, GENRE, GENNNNNNNNNNRE. Peux pas test.

Alexandre a dit…

Ben comme Batman il est futé, il a toujours dans une des poches de sa ceinture, un morceau de kryptonite... au cas où. Et ouais. ET OUAIS.

Bon l'intérieur de la poche est en plomb. Pour pas qu'à chaque fois qu'ils se voient, Sup' ait l'air constipé...

Envyzzz a dit…

Ah ouai futé... MAIS IMAGINE Superman le choppe avant qu'il ait le temps de sortir sa kryptonite, parce que Superman il est super-rapide, et ben il l'a dans le cul. Et toc.

Alexandre a dit…

Petite effrontée. C'est scénaristiquement impossible!


Bon admettons qu'il se fasse chopper. Il se laisse prendre un ou deux coups, histoire de faire genre il est mal en point, pour que Sup', croyant avoir l'avantage, baisse un peu sa garde... et là, PAF! En un dixième de seconde il sort la kryptonite!

(Non, j'y ai pas réfléchi toute la nuit...)

Envyzzz a dit…

Superman il baisse jamais sa garde.
ARGUMENTATION NIQUÉE.

Nas a dit…

Nol : j'aurais pas dis mieux.(logique)

Sinon c'est dommage j'avais trouvé une belle image permettant de trancher le débat... Pour plus tard peut être

Envyzzz a dit…

Une belle image de ce genre? http://gay-cartoon.adult-collections.com/gay-pics/justice-league-gay-toons.jpg


L'internet c'est sale.

Nas a dit…

Exactement :D
Comme on peut le voir superman baisse sa garde parfois (ou souvent qui sait).

Pour une fois il ne pourra pas m'accuser de polluer son blog avec mes images. ty

Ps : tu as détruit toi même ton argumentation ;)

Envyzzz a dit…

Ouai j'ai pas eu le courage de chercher plus longtemps. On sait jamais sur quoi on peut tomber...