samedi 12 juin 2010

Les Oranjes sans Urby.


Mes premiers émois footballistiques, c'était comme la plupart des gens, devant ma télé, en 98.
De ces ptites fentes qui me servaient de yeux (et qui me servent toujours de yeux d'ailleurs), j'assistais aux exploits de Davor Suker, Christian Vieri, des frangins Laudrup et autre Baptistuta. J'ai vu l'émergence de Michael Owen. Et j'ai été marqué à jamais par le saut du crapaud de Cuauhtémoc Blanco, le magnifique but de Mustapha Hadji, les deux couettes vertes fluo sur le crane rasé de Taribo West, l'expulsion de Beckham contre l'Argentine, et les prestations pathétiques de Stéphane Guivarch (futur vendeur de piscine en Bretagne)...

Et puis il y avait cette magnifique équipe arborant fièrement un maillot orange et pratiquant un jeu flamboyant, une langue moche, et portant des prénoms improbables. Un immense benêt pour garder les filets. Quelques 90 Kg de muscle au crane luisant en charnière centrale. Sur le coté droit de la défense, le chainon manquant entre L'Homme et le Singe (Remember Michael Reiziger... Oui, c'est un peu raciste. Nan mais vous avez vu sa tête aussi...). Un milieu de terrain technique et physique. Et un trio offensif complémentaire alliant vitesse, puissance physique et aisance technique, et surtout, classe.
C'était van der Sar, les frères de Boer, Stam, Numan, Cocu, Winter, Seedorf, Davids, Overmars, Kluivert, van Hooijdonk...

Et puis la grande classe, c'était Dennis Bergkamp. Il était blond, grand, svelte, se laissait pousser le front. On disait de lui qu'il avait un Zidane dans chaque orteil. Mais il trainait avec lui cette tare, cette part de fatalité qui rendait ce genre de joueur si mythique. Une phobie de l'avion à cause de laquelle il passe à coté d'une immense carrière.
Le 4 juillet 1998, Dennis est sur la pelouse du Vélodrome, les Pays-Bas affronte l'Argentine en quart. À une minute de la fin du temps réglementaire, 1 partout, match serré, Dennis s'ennuie un peu. Franck de Boer voit que le "Non-flying Dutchman" s'emmerde, alors... Il l'envoie faire l'amour à Ayala...



Jouissif.
La suite est moins bandante. En demi, les Oranjes se font éliminer aux tirs au buts par le Brésil et perdent ensuite leur match pour la troisième place contre la Croatie...

À l'époque, du haut de mes presque 11 ans, j'avais décider de devenir un supporter néerlandais donc. Envers et contre tous. Mais ce que je savais pas, c'est qu'en plus d'avoir une grande tradition de jeu offensif et flamboyant, et d'avoir inventé le Totaalvoetball, les Pays-Bas étaient surtout une équipe de losers. Une belle bande de GROS LOSERS.
Une génération talentueuse sans cesse renouvelée, mais une seule Coupe d'Europe dans toute son histoire, en 88. À chaque compétition, un départ en trombe, avec désanussage des équipes adverses, un statut de favori, un beau parcours, puis le naufrage dans la dernière ligne droite. Des losers magnifiques.

Au début, c'était assez difficile à vivre. En demi-finale de l'Euro 2000 contre l'Italie, après avoir poutré la Yougoslavie 6 buts à 1 (avec quadruplé de Kluivert), les bataves n'y arrivent pas. À 11 contre 10 pendant tout le match, une domination sans partage, pléthore d'occasions, 2 pénaltys ratés, un poteau. Et une élimination aux tirs-au-but. "Tiens? Pourquoi Stam prend autant d'élan?... Et merde." J'en ai presque pleuré.
La dépression, c'était en 2002, quand ils ne se qualifient même pas pour la Coupe du Monde... Mais je veux pas en parler.

Mais depuis, j'ai appris à m'y faire. Et à y trouver un certain charme. Parce qu'une Hollande qui gagne, ça le fait pas. Parce que cette volonté de pratiquer du beau jeu au détriment de l'efficacité, de continuer à bien jouer même si la victoire n'est pas au bout, ça a quelque chose d'élégant.

Cette année, une belle génération tourne autour de 26 ans, l'apogée d'une carrière normalement. Le meneur de jeu vient de remporter un triplé historique avec l'Inter. Un ailier a remporté la Bundesliga a lui tout seul. Les autres, un boucher bavarois en numéro 6, un "fainéant" de Liverpool sur le flanc droit de l'attaque... et puis Robin van Persie. Une conduite de balle exceptionnelle, mais la moitié d'une carrière à l'infirmerie. Le moment ou jamais quoi.
Mais comme à chaque fois, ne rien espérer, viser bas, le meilleur moyen d'être agréablement surpris. Juste s'asseoir devant sa télé, profiter (parce qu'au final, je ne vois qu'en moyenne que 3 matchs d'eux tous les 2 ans), et boire un bon sirop de ment... une bière, je voulais dire une bière. "Beuuh" *crie viril*

Le football, je pourrais en parler pendant des heures (d'ailleurs il est fort possible que vous ayez arrêté de lire dès le premier paragraphe). C'est quelque chose de magnifique, tragique, ridicule, divertissant, chiant, un truc de beauf, stratégique, improbable, passionnant, pathétique, stressant, dramatique, des quart-d'heures de gloire, des citations cultes, des joueurs mythiques, des déchéances, des losers attachants, des WAGS, de la mauvaise foi, des rivalités historiques, des confrontations de style, des coups de pute, ça aide pas à faire un rapport de stage... Mais c'est surtout universel.

Comme le cul de Carla Bruni. (pardon).

1 commentaire:

Envyzzz a dit…

Rien à foot.