vendredi 19 mars 2010

Girl is on my mind.

Mon poil de moustache persiste à vouloir atteindre les étoiles. Tant de naïveté m'émeut presque.

C'était en ce début d'après-midi. Une pizza Sodebo dans le bidou, des poches sous les yeux, les écouteurs aux oreilles et l'iPod en mode shuffle, je sortais de chez moi et me trainassais dans la rue... Une après-midi comme les autres en somme.
Sauf qu'au bout d'une centaine de mètres, j'entendis cette magnifique intro. Des accords, comme sortis de nulle part, brisant ces quelques secondes de silence. C'était Girl Is On My Mind de The Black Keys.
C'était pas la première fois que j'entendais ce morceau, l'album étant depuis quelques semaines sur Lando, je l'avais déjà pas mal écouté avant... mais cette fois, c'était différent. Je me suis mis à marcher droit, avec la tête relevée. Comme si je me réveillais, vraiment, pour la première fois de la journée. Cette chanson m'avait complètement électrisé. Et en plus, le soleil brillait.
Je parle souvent de mélodie, mais là, c'était l'ambiance de la chanson surtout. T'es là, en train de marcher tranquillement... Et parmi plus d'un millier de chansons, ton iPod te sort ce putain de morceau blues rock qui sent bon l'évasion. Et puis ce soleil qui tape pour la première fois depuis des mois, un léger vent pour rafraichir le tout. Là, tu ne peux que te sentir... comment dire... Puissant.
Du coup, ben ouais, j'me suis senti "puissant", l'envie de frimer comme un John Travolta, l'impression d'être dans un vidéo clip, voire une pub Levi's si c'était pas un jean à 2 sous que j'avais. Je marchais au rythme de la musique, j'étais pris dedans. Les cheveux au vent, ma longue mèche me fouettant l'arrière du crane (si si, c'est possible...), la besace flottante qui me caressait le cul (ça devient n'importe quoi cet article...). J'étais dans un état de plénitude, épris d'une sensation de liberté. On aimerait que ces instants durent une éternité, comme un rôtissage sur la pelouse du jardin Lecoq... mais ça n'a duré que 3 minutes. Le temps d'arriver à la fac. Direction la B.U. Pour passer l'aprèm à réviser le cours d'e-Business. La liberté, c'est pas avant 4 mois. Dure réalité.

C'était mes 3 plus belles minutes d'une journée, certes ensoleillée, mais un peu morose quand même. Sinan, en fin de matinée, alors que je marchais en fixant mon portable, j'me suis pris une vitre d'arrêt de tram. Morose j'vous dis.